DB Multiverse

Dragon Ball Multiverse, le roman

Écriture par Loïc Solaris & Arctika

Adaptation par Loïc Solaris & Salagir

Relecture par Koragg

Avec bien plus de détails, redécouvrez l'histoire de DBM. Cette novélisation est vérifiée par Salagir, elle contient également des ajouts de son cru, qui n'étaient pas racontables en manga, c'est donc un véritable annexe à la BD !

Update le 15 du mois à 20h (heure de Paris)
Prochaine page dans : 16 jours, 20h

Intro

Partie 0 :0
Partie 1 :12345

Round 1-1

Partie 2 :678910
Partie 3 :1112131415
Partie 4 :1617181920
Partie 5 :2122232425
Partie 6 :2627282930

Lunch

Partie 7 :3132333435

Round 1-2

Partie 8 :3637383940
Partie 9 :4142434445
Partie 10 :4647484950
Partie 11 :5152535455
Partie 12 :5657585960
Partie 13 :6162636465
Partie 14 :6667686970

Night 1

Partie 15 :7172737475
Partie 16 :7677787980
Partie 17 :8182838485
Partie 18 :8687888990

Round 2-1

Partie 19 :9192939495
Partie 20 :96979899100

Round 2-2

Partie 21 :101102103104105
Partie 22 :106107108109110
Partie 23 :111112113114115

Night 2

Partie 24 :116117118119120

Round 3

Partie 25 :121122123124125
Partie 26 :126127128129130
Partie 27 :131132133134135
Partie 28 :136137138139140
Partie 29 :141142143144145
Partie 30 :146147148149150
Partie 31 :151152153154155
Partie 32 :156157158159160
[Chapter Cover]
Partie 32, Chapitre 159.

Son Bra était au comble de l’extase. Il ne restait plus personne pour s’opposer à elle et Babidi. Elle n’avait plus qu’à achever Son Gohan pour en finir. Et effacer au passage cet immonde reflet impuissant d’elle-même qui représentait à ses yeux tout ce qu’elle abhorrait.

Elle tendit le bras et commença à former une boule d’énergie dans la paume de sa main. Mais une voix désolée s’éleva derrière elle :

– Quelle dissonance… L’une tue son Son Gohan, l’autre protège le sien. Ne vois-tu donc rien ?

Surprise de ne pas l’avoir senti approcher, et excédée par ce ton moralisateur qu’elle percevait, elle se retourna et propulsa sa boule d’énergie à travers le corps rond du Grand Kaiôshin qui tomba à terre, crachant un filet de sang.

“Oups, on dirait que tu vas y passer.” déplora faussement Buu dans son esprit. “C’est le gage des perdants. Mais je te ressusciterai en premier, ne t’inquiète pas.”

Le dieu l’ignora. Il avait attendu et prévu sa mort, il savait très bien ce qu’il faisait. Il avait même un sourire narquois intérieur, car Buu, dans sa raillerie, montrait qu’il n’avait pas vraiment compris la portée de son acte. Pourtant, le Grand Kaiôshin venait bêtement et simplement d’agir, ce que Buu l’avait incité à faire quelques minutes plus tôt, le défiant de régler la situation, en tant que dieu des dieux. Il ne pouvait se battre à un tel niveau. Il ne pouvait qu’appuyer sur un point.

Son Bra s’approcha de la divinité mourante et le toisa d’un air narquois.

– Regardez-vous donc. Vous êtes supposés être le plus grand des dieux, pas vrai ? Et vous voilà à mes pieds, dans une mare de sang. Vous n’êtes pas digne de ce titre, Kaiôshin. Vegetto a le pouvoir d’un dieu, et moi, son ancienne fille, suis de fait la plus grande des déesses !

– Hé… Héhé… Tu es contente de toi, n’est-ce pas ? répondit le dieu avec un petit sourire.

– Évidemment, rétorqua Son Bra en arquant un sourcil. Regardez autour de vous. J’ai écrasé vos puissants guerriers à moi seule !

– Au temps pour moi… Je pensais que… tu visais le sommet…

– Quoi ? s’énerva Son Bra. De quoi tu parles, la baudruche ? Je suis déjà au sommet, je maitrise ma puissance, personne ne peut rivaliser !

– Mais à quel prix ? Tu te leurres dans… une illusion. Ta force est réelle, mais regarde autour de toi ce qu’il t’en a coûté… Tu n’es plus que l’esclave de tes névroses, et tout ce qui faisait de toi une fière combattante a disparu… Tu n’es pas la plus forte, avec ces chaînes qui enserrent ton cœur…

– F… Ferme-là ! hurla Son Bra.

Elle piétina férocement la tête du Grand Kaiôshin, le tuant brutalement. Les mots de la divinité l’avaient frustrée au plus haut point. Elle haïssait plus que tout ces samaritains aux bonnes morales vertueuses, qui osaient lui faire la leçon. Pour qui se prenaient-ils, à la juger ainsi ?

– C’est fini, j’ai gagné ! s’exclama-t-elle en levant les poings. Je suis enfin libre ! Grâce à maître Babidi, je suis la numéro un ! Je suis enfin complète !

– QUOI ?

Derrière elle, Bra de l’univers 18 s’était redressée. En assistant à la scène avec le Grand Kaiôshin, et en entendant Son Bra s’extasier, elle en avait assez. C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase.

Son propre double s’était soumise à la volonté d’un vermisseau maléfique. Elle avait massacré des gens innocents. Elle avait fait souffrir sa propre famille, et les avait assassinés sans réagir. Et elle osait clamer fièrement qu’elle était la meilleure ?

Bra savait que son père, Vegeta, avait été soumis au même sortilège, par le passé. Elle avait entendu dire qu’il avait aussi tué des gens innocents. Mais son père n’avait jamais obéi à ce pou magicien, sa fierté de prince des Saiyans était trop grande pour cela. Même si elle se moquait de sa manie incessante de s’entraîner, Bra admirait son père, qui avait toujours été présent pour elle, respectant ses désirs et ses envies.

Mais son double, la fille de Vegetto, n’avait pas la moindre once de cette fierté. Elle se réjouissait d’être la plus forte, sous le joug d’un pouvoir plus fort qu’elle. Elle n’en pouvait plus. Elle suivit l’élan de la fureur qui emplissait la moindre fibre de son être, et hurla :

– Numéro un ? Complète ? Tu sais ce que tu es vraiment ? T’es une vraie merde !!

Son Bra dévisagea son double pendant une seconde avec surprise, puis la rage prit le dessus. Son regard se teinta d’un désir meurtrier.

Elle s’approcha lentement de Bra qui trembla. Mais cette dernière regarda Son Gohan, toujours inconscient entre ses bras, et décida de ne pas reculer, faisant face à Son Bra sans frémir.

“Ooh…” s’étonna Buu de l’univers 4 en écarquillant son œil.

Le Djinn sentit le gros Majin Buu se reconstituer lentement, et utilisa ses pouvoirs magiques pour l’endormir. Il ne voulait pas que ce moment intéressant soit interrompu.

– Toi…, gronda Son Bra en plaquant son front contre celui de Bra. Ose répéter ce que tu viens de dire ? Tu oses me prendre de haut, alors que tu ne sais pas te battre ? Tu ne sais même pas te transformer, et tu me fais la morale, pauvre faiblarde ?

– Oui, t’es pathétique ! répliqua Bra en forçant son front contre celui de son alter-ego. Tu te prétends la plus forte, mais t’es rien d’autre que l’esclave d’un petit sorcier ! En quoi tu peux être fière d’être soumise à une vermine ? Papa ne lui obéissait pas, au moins !

– Ferme-là ! rétorqua Son Bra avec fureur. Tu te crois meilleure que moi, hein ? Parce que tu es la fille d’un prince, mademoiselle est glorieuse et se pointe quand le combat est fini ? Alors vas-y, frappe-moi, montre-moi donc avec tes poings ta foutue fierté, et tu te la joueras moins quand je l’aurai écrasée ! T’es peut-être la petite fille chérie de ton père, mais je suis une déesse ! Tu n’as absolument rien à voir avec moi !

– Moi, je suis clean ! cria Bra. Tu crois que je laisserais un pou se servir de moi pour ses intérêts ? Je préférerais mourir que de tuer maman ou Trunks ! Toi, t’as tué ton frère, tes amis ! T’as même massacré des gens à qui tu avais promis que tu les sauverais ! T’es pas du tout la meilleure de l’univers, t’es juste une traîtresse sans parole et sans honneur qui se laisse faire par un misérable sorcier pour se sentir forte !

Piquée au vif, Son Bra saisit le débardeur de son alter-ego et l’attira contre elle, folle de rage.

– C’est toi qui me parles de famille ? C’est vrai que tu as une belle vie, tu n’as aucune pression, t’as un gentil papa qui te couve. Tu te la coules douce avec ta mode stupide, mais regarde-toi, t’es pas capable de te défendre, ni même de protéger les gens autour de toi ! Viens pas me parler de fierté, alors que tu n’en as pas toi-même. Autrement, tu te serais entraînée un minimum pour te faire écouter, mais tout ce que je vois, c’est une faible qui n’attend que d’être sauvée. Tout comme ces millions de pleurnichards qui comptent sur moi ou Vegetto sans jamais se prendre en main !

– J’ai pas peur de dire que je vaux mieux que toi ! rétorqua Bra en la toisant avec mépris. J’ai consciente de ne pas être forte, et j’aurais pu protéger Videl si j’avais écouté Papa. Mais c’est TON Gohan qui m’a dit de choisir ma voie ! Papa lui-même a respecté mon choix de ne pas être une combattante. Toi, t’as fait le choix d’être une championne ! Mais tout ce que je vois, c’est que tu es la plus à plaindre de tous les univers. Au moins, t’es la numéro un des perdantes, on peut pas te l’enlever !

“Cette insolente petite conne se pense vraiment supérieure à moi !” s’énerva Son Bra intérieurement. “Je n’arrive pas à croire que ce soit moi-même qui me fasse la leçon, tellement faible qu’en m’en ferait vomir !”

– J’ai battu deux Son Gohan en même temps, et même Cell. Je les ai écrasés alors qu’ils étaient incroyablement forts, ils n’ont rien pu faire contre moi ! Et tu continues de dire que je ne suis pas au sommet ? Quand on n’y connaît rien en combat, on se la ferme, crétine !

– Ah oui, tu peux être fière de toi, minauda Bra en levant les yeux au ciel. Madame a tué des personnes qui l’aimaient pour se sentir au top. Mais j’ai regardé le combat, ma vieille ! Ils t’ont donné du fil à retordre, t’as été obligée de te soigner plusieurs fois, parce qu’ils ont réussi à te frapper ! T’es complètement paumée si tu te crois invincible et invaincue. Parce que tu prends ton père pour un dieu, ça te donne le droit de disposer de la vie des autres comme s’ils étaient des moins-que-rien ? Viens pas te la jouer grande héroïne, car t’en as pas l’étoffe !

– J’ai survécu, gronda Son Bra. J’ai le sang et la puissance d’une déesse, je suis la Saiyanne la plus puissante de tous les temps ! Si maître Babidi a gagné cette guerre, c’est parce que je suis la plus forte. Il a reconnu ma valeur, je suis loin devant tous ces pathétiques soldats qui ont été battus en quelques secondes. Il m’a ouvert les yeux ! Pourquoi je devrais toujours me contrôler en permanence ? Toujours à devoir faire attention au moindre geste, à ne pas laisser exploser cette frustration de ne jamais pouvoir utiliser ces pouvoirs que je possède ! Toi, t’as pas de force, t’as aucune puissance, c’est pas compliqué de vivre une vie ordinaire ! Mais depuis que je suis une enfant, j’ai toujours eu tout le monde sur le dos ! “Contrôle-toi, Bra !” “Ne te transforme pas!” “Ne tire pas de boules d’énergie !” Tout le monde a peur de moi, dans mon univers. Ils ne m’ont jamais aimée !

– Mais qu’est-ce que tu peux être stupide, fit Bra en ouvrant grand les yeux. Ton Gohan est exactement le même que le mien ! Et le mien est doux, attentionné, il a toujours été un bon père pour Pan, et un ami pour ma famille ! Je suis sûre qu’il a été super présent pour toi, d’autant qu’il est ton frère ! Regarde-moi bien dans les yeux, et répète-moi qu’il t’aime pas !

– Il ne m’a…

“Je ne pensais pas que tu irais jusqu’au bout…”

“Ne t’inquiète pas, Son Bra. Je sais que ça doit être difficile pour toi, et que ta puissance te monte à la tête. Mais je vais t’aider à la contrôler.”

Son Bra secoua sa tête, confuse.

– Ils m’ont jamais aidé à contrôler mon pouvoir. Un parasite a pris mon corps, mon père en a profité pour se faire un bon combat en me tabassant ! Cette saloperie a maîtrisé le Super Saiyan 2 sans problème alors qu’on me l’a toujours interdit. Mais grâce à Babidi, c’est fini, cette putain d’injustice ! Je ne suis pas son jouet, je suis son plus grand atout ! L’esclave, c’était cette adolescente enchainée par Vegetto et sa famille, avec leurs morales débiles ! On m’a fait culpabiliser des dizaines de fois parce que je m’emportais, parce que je tuais des innocents sans faire attention. Mais c’est stupide, on avait les Dragon Balls qui réparent tout ! Même, ils auraient dû me laisser détruire quelques planètes de temps en temps, ça m’aurait bien défoulé !

– Ah, donc la mort est juste un jeu pour toi ? fit Bra, choquée. C’est ÇA, ton excuse ? Tu peux tuer tout le monde, on les ressuscitera ? Mais ça ne change rien au fait que tuer des gens, c’est une chose horrible ! Tu cherches juste des prétextes, mais je sais qu’au fond de toi, tu le sais aussi ! S’ils t’ont mis la pression pour que tu te contrôles, c’est pour que tu comprennes que la mort, c’est grave ! Imagine qu’il n’y ait pas les Dragon Balls, comment tu te sentirais, hein ? Y’a pas que la puissance dans la vie, il y a surtout la famille ! Mon papa est le prince d’une race de guerriers, ouais, et alors ? C’est surtout un papa formidable qui aime sa vie sur Terre aux côtés de maman ! Il a été contrôlé par Babidi une fois, mais il lui a résisté ! Il s’est même sacrifié pour sauver la Terre ! Tu dis que tu es la numéro un, l’héroïne de l’univers qui sauve ceux qui appellent à l’aide, mais est-ce que tu donnerais ta vie pour sauver quelqu’un d’autre ? Réponds-moi !

– Moi, donner ma vie ? répondit Son Bra en tremblant. Je… J’ai pas à mourir pour un faible, je vaux bien mieux ! J’ai autant le droit d’exister que n’importe qui, et même plus !

– Son… Bra…

Derrière Bra de l’univers 18, Goten se tenait difficilement debout. Son corps était quasiment entièrement recouvert de sang et de brûlures. Il avait puisé dans ses forces restantes pour rejoindre la sœur de son meilleur ami, inspiré par son courage et par ses mots. Mais son état frappa les deux filles, surprises qu’il parvienne à tenir sur ses jambes.

– Toi ? répondit la Saiyanne, interloquée.

– Je ne sais pas ce que tu as vécu, formula Goten en chancelant. On est pas d’la même famille. Mais l’autre moi, c’est ton frère. Et je sais que si j’avais une p’tite soeur, je donnerais ma vie pour elle. Regarde tout c’que j’ai pris en combattant tes camarades, pour protéger Bra et Videl ! Mon seul regret, c’est de pas être devenu plus fort. Je peux pas te combattre. Même si je pouvais, je le ferais pas. Je suis devant toi, alors vas-y, si c’est c’que tu veux vraiment, tue-moi maintenant, je suis à ta merci.

Un peu hésitante, Son Bra pointa son doigt vers Goten, une petite lueur de Ki brillant à son extrémité. Mais Bra s’interposa entre elle et Goten.

– Tue-nous tous les deux, si c’est comme ça ! grogna la jeune fille de Vegeta. Retrouve-toi toute seule, avec ton maître véreux que tu aimes tant. Fais ton choix. Une famille qui t’aime, ou un sorcier moche qui a fait de toi sa servante sans fierté.

– Ferme-là, bordel de merde ! s’écria Son Bra. Tu comprends rien !

– Non, je comprends pas, mais j’ai ma fierté. C’est ça, la vraie différence entre toi et moi. Je vendrais pas mon âme au premier venu pour me sentir bien, car moi, je réalise la chance que j’ai, et que toi, tu vois pas du tout. Je vais te poser une question, et je veux que tu répondes sincèrement ! Tu tuerais maman si Babidi te l’ordonnait ?

– Je... , commença à dire Son Bra.

Puis une sensation de piqûre la traversa, alors qu’elle imaginait la scène. Le corps de sa mère, à ses pieds, tandis qu’elle contemplait ses mains couvertes de sang.

Aussitôt, un sentiment de nausée la saisit, et elle se sentit mal.

– Tuer maman ? J’en… Il n'a pas besoin de m’ordonner une chose pareille, je suis libre, maintenant, je suis complète, j’en ai fini avec tous ces cas de conscience !

– Commence pas à te cacher derrière des justifications débiles ! s’exclama Bra en prenant l’ascendant. T’étais une vraie guerrière quand tu t’es battue contre ce gros lézard, pour sauver des gens. Mais t’as glissé sur la mauvaise pente, en te laissant faire par Babidi ! Elle pensera quoi, maman, quand elle verra ce que t’es devenue, ce que t’as fait ? T’es faible d’esprit , ma pauvre fille ! La puissance, c’est rien, si c’est pour perdre tout ce que t’aimes. Et puis surtout, t’as perdu ta fierté ! Arrête de te vanter d’être la numéro un, t’es en bas de l’échelle !

Progressivement, les paroles de tous ceux qu’elle venait d’affronter et de tuer lui revinrent en mémoire par intermittence.

“Son Bra, tu es bien plus forte que ça !”

“Tu es une Saiyanne fière et indépendante !”

“Elle a sincèrement un bon fond…”

“Je pensais que tu viserais le sommet…”

“Nous t’avons prise pour une héroïne, une vraie guerrière !”

Ni cette Bra ni aucun des autres n’avaient jamais parlé de force physique.

– F… Fermez-là ! se braqua-t-elle en se tenant la tête dans les mains.

Elle déploya son énergie, repoussant son alter-ego plus loin. Mais Bra parvint à rester debout, les bras croisés devant elle, tandis que Son Goten s’effondrait au sol.

“Tu es faible !”

“Tu es corrompue !”

“Tu blesses tes amis !!!”

Son Bra tomba à genoux, tourmentée par ces voix qui l’assaillaient de reproches et de pensées culpabilisantes. Son énergie s’évapora, et Bra put se rapprocher après avoir vérifié que Goten n’était pas trop blessé, en toisant son double avec dégoût.

– Faut vraiment que t’aies l’âme bien noire, pour devenir un serviteur de Babidi, dit-elle d’un ton méprisant. C’est seulement maintenant que tu commences à te remettre en question ?

– Tu… Tu crois que c’est si simple ? répliqua Son Bra d’une voix tremblante. Tu ne les as jamais entendus, toi ! Ces cris d’horreur qui me suivent depuis des années ! Ces regards accusateurs tournés vers moi ! Toute cette pression qui pèse sur moi, tu ne sais pas tout ce que j’ai vécu !

Leurs passés étaient différents. Ce que cette fille ne comprenait pas, c’est qu’elle ne pouvait pas comparer sa petite vie tranquille à la sienne, même si elle pouvait croire que Gohan était aimant. Elle savait qu’il n’en était rien pour son froid Vegetto de père. Petite princesse Bra n’avait pas conscience de l’épée de damoclès qui pendait au-dessus de sa tête à elle. Elle ne savait pas la pression qu’elle...

Mais le cours des pensées de Son Bra fut interrompu par la réponse la plus inattendue possible.

– Bah non, je sais pas, et alors ? répliqua Bra avec agacement.

Son Bra ouvrit de grands yeux, complètement abasourdie.

Comment ça, “Et alors” !?

Le propre des gentils à la guimauve n’était-il pas la compréhension et le putain de pouvoir de l’amour ?

“ET, ALORS ?!!”

— T’as vécu des traumatismes, et donc, tu veux un câlin pour aller mieux ? Je vais te l’expliquer autrement, vu que t’as pas l’air d’avoir compris. Tout le monde souffre, ma grande ! Mais c’est pas une raison pour devenir l’esclave d’un sorcier moche afin d’échapper à tes soucis ! C’est en faisant face qu’on grandit, c’est Papa qui m’a appris ça. Toi, madame la grande Saiyanne, tu peux pas gérer, c’est ça ? Parce que t’as vécu des épreuves difficiles, tu penses que t’as le droit de te cacher derrière l’excuse d’un traumatisme ? Regarde ce que t’as provoqué, en préférant t’enfuir derrière Babidi ! Mais, si t’es vraiment la numéro un de tous les univers, alors toi, plus que tout le monde, tu devrais faire face à tes problèmes la tête haute !! Même si c’est injuste, même si c’est dur, tu dois pouvoir passer toutes les épreuves. Si tu choisis la facilité pour te cacher, t’es pas du tout la numéro un ! T’es juste quelqu’un qui se laisse porter !

– Je… Je…, bégaya Son Bra en sentant son esprit et son coeur s’alourdir. J’ai pas choisi Babidi, c’est lui qui est venu me libérer de tout ça, j’ai rien décidé ! Je voulais juste me sentir considérée pour une fois !

– T’es d’autant plus méprisable que t’as pas su résister, alors ! cracha Bra en croisant les bras. T’as pas réagi quand t’as tué Son Gohan, qui lui t’a TOUJOURS considérée, je ne croirai jamais le contraire ! Tu t’es laissée faire, et t’as permis à ta noirceur de faire les pires horreurs ! Tu veux que je te dise, madame “je suis la plus forte” ? T’es pas la meilleure, t’es juste une soumise avec une grande force. T’es juste passive.

– Passive… ? répéta Son Bra d’un air ébahi.

“C’est vraiment ce que je suis ? Une petite fille traumatisée ? Mais, je suis la plus forte de l’univers… !”

“Non…”

“Babidi… Est donc… Le plus fo… “

“J’ai… J’ai jamais été la plus forte… C’est lui ? C’est ce gringalet qui n’est pas capable de se défendre sans moi ?”

“T’es pas capable de te défendre, ni même de protéger les gens autour de toi ! Viens pas me parler de fierté, alors que tu n’en as pas toi-même !”

“Pour le moment, je suis plus fort que toi. Mais un jour viendra où tu me dépasseras. Alors, avant que ce jour n’arrive… Je te tuerai.”

Les larmes coulèrent à flot sur les joues de Son Bra tandis qu’elle serrait les poings avec fureur.

C’était vrai… Sa force, sa puissance, elle était normale, elle était de naissance ! Mais… Numéro un de l’univers ?

Sa puissance physique n’était que le résultat d’un entraînement. Assidu certes, mais facile ! Personne ne l’avait jamais challengée sur son niveau de combattante ! C’est ça que disait le Kaiôshin, c’est ça que son double pointait du doigt... Un guerrier complet l’est de corps et d'esprit ! Et en esprit, elle n’avait en réalité jamais fait aucun effort. Elle avait toujours fui les problèmes !

Fuyant sa transformation qui lui faisait perdre le contrôle. Se cachant derrière son père. Attendant que son grand frère l’aide. Et le contrôle de Babidi... Il n’avait rien libéré, il avait juste caché ses problèmes sous le tapis ! C’est elle qui n’avait aucune fierté, qui se laissait porter. Elle n’était pas un guerrier sur la voie suprême, mais un pantin qui était né avec beaucoup de puissance !

“Non, non… J’ai toujours cru faire de mon mieux, et voilà que j’ai fait tout le contraire ! Je suis une honte absolue, et c’est la version faible de moi-même qui me le crache en face ! Je… Je ne… Je…”

– Je ne… SUIS… PAS… PASSIVE !!!

Elle poussa un immense cri de rage, se haïssant et se maudissant pour avoir été aussi faible et aux antipodes de tout ce à quoi elle avait aspiré toute sa vie. Depuis sa toute jeune enfance, elle avait admiré Vegetto et Son Gohan. Ils avaient tout fait pour l’accompagner malgré l’immense pouvoir qui la ravageait de l’intérieur. Et voilà que tous leurs efforts avaient été réduits à néant.

Et surtout, elle avait permis à un immonde sorcier de montrer à tout le monde qu’elle était indigne de ce pouvoir.

Elle avait tué Son Gohan, son mentor et son frère aimé.

Rongée par le remords et par la culpabilité, elle poussa sa puissance au maximum, et le sceau de Babidi s’affaiblit. La volonté de Son Bra s’était renforcée par les mots de son alter-ego, de Son Goten, et de tous ceux qui avaient tenté de la raisonner. Il était temps de mettre fin à cette folie, avant de sombrer pour de bon dans la pire des déchéances.

Il était temps de faire face à sa faiblesse intérieure, et de contrôler son esprit.

Le sortilège de Babidi se dissipa sous le poids des émotions positives de Son Bra qui reprirent le dessus. Toujours au sol, Son Bra s’affala devant elle, les bras tremblants, les larmes coulant à flot tandis que sa transformation en SSJ2 s’évaporait, pour la ramener à son apparence normale. Sous le regard amer de Bra qui venait de se redresser après avoir été propulsée par le souffle de l’aura de Son Bra, cette dernière se lamenta, le coeur brisé :

– Merde, merde… Mais merde, qu’est-ce que j’ai fait ? Non, non, putain de merde…

Dessin par:

HomolaGabor et ZenBuu      

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