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DBM Universe 4: Buu

Écriture par Arctika

Relecture par Salagir

Prochaine page dans : 25 jours, 20h


Partie 1 :0
Partie 2 :123456
Partie 3 :78
[Chapter Cover]
Partie 3, Chapitre 7.

Chapitre 7

En quête de sens


Sur un petit monde méconnu des nombreuses races galactiques qui peuplaient l'Univers, une grande cohue avait lieu à la surface. Sous un ciel pourpre parsemé d'éclairs, et la terre balayée par de violentes bourrasques, une foule s'était rassemblée en formant un cercle autour de deux individus qui s'affrontaient brutalement.

Les deux créatures qui se trouvaient au centre de l'attention étaient toutes les deux les représentantes des tribus qui régnaient sur le monde cataclysmique. Deux espèces qui avaient évolué de manière différente, et s'étaient adaptés à l'environnement hostile. Leur degré de civilisation n'était pas très avancé, des barbares analphabètes dont la seule préoccupation était de cogner fort sur les autres.



Ce jour-là, les deux peuples s'étaient rassemblés pour déterminer une bonne fois pour toutes lequel était au sommet de la pyramide en termes de force pure. Les premiers, des êtres difformes de petite taille, au corps bleu et aux quatre bras musclés, comptaient davantage sur le nombre de coups donnés, et la vitesse à laquelle ils les distribuaient. Les seconds, des colosses trois fois plus grands qu'eux, n'étaient pas très rapides, mais la force dans leurs poings parvenaient à fracasser de solides rochers de tailles importantes, et même à fissurer le sol. Pour eux, écraser d'un vigoureux crochet du droit était tout ce qui comptait.

Les deux champions luttaient férocement. Aucun ne démordait et ne laissait l'avantage à l'autre. Sans relâche, ils s'affrontaient sous l'exaltation de leurs congénères qui souhaitaient voir l'ennemi réduit en charpie. Cependant, ils ne se doutaient pas du privilège unique et éphémère qu'ils allaient avoir, de rencontrer l'incommensurable entité qui allait fouler la surface de leurs mondes dans quelques lignes.

Dans le ciel, une forte lumière mauve se mit à briller d'un éclat lumineux, et une onde immense se déploya parmi les nuages qui furent dissipés par la force de l'explosion, dévoilant les profondeurs paisibles et insondables de l'espace. Intriguées, toutes les créatures levèrent les yeux en direction de l'espace pour observer ce phénomène soudain qui échappait à leur entendement. Si elles avaient eu la faculté de lire les Ki, elles auraient très probablement hurlé de panique en ressentant l'incroyable niveau d'énergie qui descendait lentement dans leur direction. Mais ces créatures étaient rustiques, ignorantes, et surtout belliqueuses.

Quelques secondes plus tard, un être recouvert d'un halo rose apparut quelques centaines de mètres en hauteur. Ce dernier se laissa doucement tomber pour finalement poser le pied sur le sol fracturé par le combat interrompu. Cet individu était aussi étrange que possible pour les créatures abasourdies. Une entité au corps rose, vêtu d'un simple tissu blanc au niveau des jambes, retenu par un bandeau noir affichant un sigle bizarre. Un torse vigoureux, musclé, des muscles saillants. Des brassards d'un noir sombre au niveau des mains, et une longue crête pendant derrière la tête. Autour de la base de cette crête, des trous intriguants. Et enfin, ce visage aux formes grotesques, parce qu'il leur était inconnu. Un faciès que l'on pouvait qualifier d'humain sur d'autres mondes. Et surtout, cette lueur de malice pétillante au fond des yeux rouges baignant dans un océan de ténèbres.

Buu parcourait l'Univers depuis quatre mois maintenant.

Seize longues semaines.

Cent-vingt-deux jours.

Tout cela, bien évidemment considéré d'une perspective temporelle terrestre. Mais c'était ainsi que Buu s'était positionné. La notion du temps n'avait pas prise sur un être éternel, sur qui les secondes et les millénaires n'avaient aucune prise. Il ne voulait pas se prendre la tête, et il se servait de ses absorbés de Terriens pour se constituer un repère à peu près stable. Cela lui était utile, dans la mesure où il prenait conscience de l'ennui qui s'emparait peu à peu de lui ces derniers temps.

Quatre mois, c'était une durée plutôt insignifiante, mais en même temps, elle était lourde de sens. En effet, pendant tout ce temps, Buu avait exploré de nombreuses planètes, à la recherche d'adversaires potables. Durant son odyssée, il avait aiguisé sa perception des énergies à des systèmes entiers, avide qu’il était de trouver enfin un combat digne de lui. Les premières semaines, il était parvenu à localiser des puissances intéressantes, et il avait défié toutes ces créatures disposant d’une certaine force. Cependant, l’excitation avait vite laissé place à la déception, puis la lassitude. Aucune de ces entités de l’espace n’avait rivalisé avec le dixième de sa force.

C’est ainsi que, quatre mois plus tard, il arrivait sur cette planète perdue dans l’immensité de l’espace silencieux, après avoir de nouveau ressenti de curieuses forces multiples. Il avait pris l’habitude de s’annoncer de manière grandiose, essayant diverses entrées afin d’impressionner les indigènes des mondes visités, et instiller un soupçon de terreur avec son incroyable puissance. Toutefois, certaines peuplades étaient arriérées, peu avancées, et ne pouvaient ressentir les énergies.

En posant le pied sur ce monde, et en jetant un regard rapide autour de lui, Buu comprit très vite qu’il avait de nouveau affaire à des individus faibles et ignares. Encore des brutes sans cervelles qui n’avaient aucune intelligence. Et cela le répugnait plus que tout, lui dont la capacité de réfléchir et d’apprécier la vie était la qualité la plus chère à son coeur.

Il fronça les sourcils, las de ne pas obtenir ce qu’il désirait tant. Son regard se durcit automatiquement, provoquant une agitation du côté des créatures qui étaient frustrées par l’interruption de leur événement. Ils n’avaient aucune conception d’une quelconque force divine, d’êtres supérieurs ou de l’espace lui-même. Ils ne se posaient pas de questions sur la puissante explosion dans le ciel, ni sur la nature de l’être en face d’eux. Il était tel un caillou qui était tombé sur un chemin étroit qu’il fallait dégager, rien de plus.

– Bien entendu, soupira-t-il en secouant la tête. Qu’est-ce que j’espérais...

Enragés, toutes les créatures se jetèrent sur Buu, déployant une certaine énergie dont ils n’avaient même pas conscience, habituées à frapper de toutes leurs forces dans leur brutalité quotidienne. Mais ce déferlement n’était pas suffisant pour ne serait-ce qu’inspirer le Djinn à bouger. D’une simple rafale provenant de ses iris, Buu généra deux rayons rouges qui pulvérisa instantanément toutes les créatures en face de lui, provoquant le génocide de deux espèces. Sa puissance fut telle que la planète fut traversée par les rayons, la faisant se disloquer lentement sur elle-même.

Buu poussa un soupir de découragement. Avant de prendre son envol pour quitter ce monde en ruines, il leva nonchalamment le bras gauche en l’air, perforant le coeur du champion miniature qui se situait au-dessus de lui, prêt à le frapper. La créature avait été assez véloce pour échapper au cataclysme de Buu et l’attaquer par les hauteurs, mais elle n’avait pas échappée à sa perception.

Le Djinn jeta le cadavre sans ménagement sur le sol et s’envola rapidement dans les cieux qui se teintaient d’une encre de magma, reflet du monde s’effondrant sur son noyau. Encore une fois, il avait dévasté une planète entière sans fournir le moindre effort.



Quatre mois.

Quatre mois que personne ne l’avait obligé à utiliser ses muscles.

Il se sentait rouillé, et plein de frustration.

Avait-il vraiment vaincu les plus forts guerriers de l’Univers sur la planète Terre ? N’y avait-il donc personne capable de se transformer, d’envoyer des rafales d’énergie suffisante pour lui arracher un bras ? Le frisson de la difficulté lui manquait terriblement. Il voulait être poussé dans ses retranchements, se surpasser, écraser des ennemis puissants de grande valeur pour en retirer un sentiment de satisfaction. Mais c’était plus de l’ennui et de la colère qu’il avait en lui, depuis qu’il avait entamé cette longue route à travers l’infini de l’espace.

Deux semaines plus tard.



Buu avait décidé de se poser sur une planète peu habitée, recouverte en grande majorité d’un océan d’eau pure et d’une grande île sur laquelle vivaient de petits gnomes poilus. Il s’amusait à en faire des brochettes de viande et à les dévorer goulûment. Mais il y prenait peu de plaisir.

Ces quinze derniers jours, il n’avait localisé aucune énergie du tout. Il avait exploré près de neuf systèmes différents, et avait fait exploser le soleil du dernier visité sous l’effet de la rage. Il en avait marre. Marre de s’ennuyer. Marre de ces mondes sans challenge. Il disposait d’une puissance énorme, qu’il employait pour détruire les mondes à sa guise, mais rien ne lui résistait, absolument rien.

Plus haut dans le ciel, il vit une lune, claire et paisible, traverser le ciel. Il tendit sa main dans sa direction, et envoya une faible rafale de Ki qui traversa l’astre spatial pour atterrir sur une planète bien plus volumineuse à plusieurs dizaines de millions de kilomètres, la faisant exploser.

Il ferma les yeux, épuisé par sa propre surpuissance.

C’était bel et bien le cas.

Il était vraiment trop fort pour ce monde.



Durant cet intervalle de repos, Buu commença à se plonger dans une profonde introspection. Les souvenirs de ses absorbés, ainsi que sa propre mémoire, se manifestaient dans son esprit sous la forme d’une nostalgie mêlée d’une certaine tristesse.

Quand il avait quitté la planète Terre pour se consacrer à ce long périple spatial, il avait pour projet de trouver des adversaires de valeur. La Terre avait été une surprise des plus exaltantes, grâce à laquelle il avait pu devenir celui qu’il était aujourd’hui : un être d’une puissance folle, doté d’une intelligence exceptionnelle et qui avait désormais conscience de nombreuses choses. Notamment le fait qu’à l’origine, il n’était qu’une bête sanguinaire assoiffée de carnages et de meurtres en masse. Puis il n’avait été qu’une baleine rose sans une once de jugeote. Dans les deux cas, il avait été manipulé par d’exécrables sorciers qui l’avaient utilisé pour assouvir leurs pitoyables ambitions de conquête, mais grâce aux Saiyens et aux Terriens, il était parvenu à s’émanciper, et il avait pu vivre des expériences uniques et stupéfiantes.



À travers cette épreuve, Buu ne se voyait qu’une seule destinée : celle d’un combattant qui ne vivait que pour le combat et l’adversité. À chaque fois qu’il se confrontait à un défi, un autre venait s’imposer à lui, plus difficile. Gotenks, puis Son Gohan, puis Vegetto. Un adversaire toujours plus fort avait fait son apparition et menacé son existence au point de le contraindre à évoluer, en passant par le biais de l’absorption de l’ennemi. Par ce moyen, Buu avait acquis de nouvelles facultés physiques et mentales, jusqu’à en faire un être au-delà de tout. Il ne pouvait y avoir qu’un Vegetto ou son équivalent pour menacer sa nouvelle suprématie, et au fond de lui, il savait qu’il n’existait aucune entité de cet acabit.

Le combat. La destruction. La soif de sang. C’étaient des concepts gravés en lui dès sa conception, qui l’avaient dirigé vers la dévastation de l’univers cinq millions d’années plus tôt. Même en n’étant qu’un enfant obèse sans cerveau, le meurtre avait été un jeu plaisant, que le terrien appelé Satan avait su tempérer jusqu’à le faire disparaître. Ce refoulement provoquant au passage sa véritable renaissance en tant que génie du mal. Dès lors, par ses absorptions et ses combats, Buu avait pris conscience des plaisirs de la vie. Cette planète sur laquelle il se trouvait actuellement, il parvenait à en saisir les charmes, la beauté de cet horizon marin accompagné du son des vagues et du zéphyr caressant les flots. Sans Son Gokû et les autres Terriens de son organisme, il n’aurait pas apprécié un tel paysage, et se serait contenté de le ravager. Le combat restait son objectif et son activité favorite, mais il était désormais un être qui savait apprécier l’univers et ce qu’il avait à offrir. Il avait trois choses qu’il chérissait plus que tout : le libre-arbitre, l’intelligence, et la conscience.

Un mois plus tard…



La quête de Buu dans sa recherche d’un adversaire à sa hauteur n’aboutissait à rien. Cette première période de sa nouvelle vie dans les profondeurs galactiques n’avait rien de palpitant, tant dans sa visite des mondes que des espèces rencontrées. Inspiré par les souvenirs de Vegeta, Buu avait tenté sa chance sur les anciens mondes de Freeza, qu’il savait densément peuplés et technologiquement évolués. Il se demandait si les restes de son armée avaient une valeur minime, ou si la technologie de défense de l’empire déchu l’exciterait davantage que les êtres de l’âge de pierre de ses précédentes conquêtes.

Mais rien à faire. En deux secondes, il avait détruit le joyau de l’empire de Freeza, sa capitale, qui était tombée entre les mains de révolutionnaires avides de liberté. Il était tellement déçu par le début de son voyage que ce goût partagé pour le libre arbitre et le désir d’être affranchi d’un maître ne le percutait pas outre-mesure. Seul le combat lui importait, il avait le sentiment existentiel de ne vivre que pour ça.



Fatigué par toutes ces sempiternelles déceptions, Buu décida d’atterrir sur un monde dont la surface était recouverte d’intenses lumières. Il y voyait le signe d’une population développée, et il avait besoin de prendre un peu de repos.

Se dirigeant sur les lumières les plus importantes, il put constater une immense ville baignant dans la lumière de grands tuyaux lumineux qui faisaient le tour des bâtiments et des gratte-ciels. Ce n’était pas de l’électricité telle qu’on pouvait en trouver chez les terriens, mais une étrange énergie inconnue. Buu ressentit une certaine curiosité à cet égard.

Ses pieds entrèrent en contact avec le sol d’une immense place baignant dans la lumière artificielle de la technologique de ce monde. Le ciel était plongé dans une profonde obscurité. Cela étonnait Buu, qui avait repéré plusieurs soleils dans le système solaire, et qui étaient suffisamment proches pour éclairer cette planète.

Il regarda tout autour de lui. Des centaines, des milliers d’êtres vivants conversaient ou poursuivaient leurs chemins. Des espèces diverses, qui semblaient suffisamment avancées dans le domaine de la communication et de la science. Des êtres doués d’intelligence, ce qui n’était pas pour déplaire à Buu qui avait surtout eu affaire à des créatures bestiales durant ces derniers mois. De plus, il n’était pas là pour le combat, car il n’avait plus l’espoir de trouver un affrontement intéressant. Il voulait juste arrêter de se prendre la tête l’espace d’un instant, et observer un peu comment vivaient les habitants de ce monde.



Fini le guerrier surpuissant pour le moment, il allait faire un peu de tourisme. Après tout, si son objectif majeur était de déployer sa pleine puissance dans un combat exaltant, il avait également entrepris ce voyage pour apprécier la vie sous toutes ses formes. Il avait éradiqué des peuples entiers sous l’effet de sa frustration et de son ennui, mais en fin de compte, il voulait se confronter à un nouvel inconnu, et non pas des moindres : découvrir l’univers, ses mystères et ses plaisirs. Il était tel un nouveau-né qui n’avait connu jusque-là que la violence et l’agressivité, et qui entrait dans une toute nouvelle dimension de son existence. Il voulait connaître le calme et le goût de l’exploration, en toute tranquillité, en réprimant ce désir profond et puissant de se battre et de massacrer des populations.



C’est ainsi que Buu commença à errer sur cette grande place, au sein de l’immense foule qui la fréquentait. Les personnes présentes présentaient une importante diversité, un caractère cosmopolite intergalactique. En effet, de nombreuses espèces aliens se rendaient régulièrement sur ce monde qui se trouvait être un carrefour commercial d’un secteur phare de la galaxie. Et, si Buu était pour le moins un être unique et étrange aux yeux de ce monde, les autochtones et les visiteurs ne se formalisaient pas en le croisant. On pouvait rencontrer des créatures spéciales et mystérieuses dans ce vaste univers, ce type bizarre au grand corps rose et musclé n’en étant qu’une parmi les autres.

Poussé par une sincère curiosité, Buu déambula durant plusieurs heures parmi les étals et les stands qui composaient cette place nocturne. Ces derniers présentaient toutes sortes de produits technologiques, et des spectacles amusants. Buu était époustouflé par ces techniques de création dont il ne saisissait pas la conception, lui qui était porté sur la destruction des choses.

Par moments, le ciel s’illuminait, traversé par des rayons emplis d’étincelles rouges et vertes. Ces scintillements colorés venaient doucement atterrir à quelques mètres au-dessus de la place, persistant dans l’atmosphère. Cela donnait une ambiance pour le moins impressionnante et joyeuse. Buu ne savait quel mot mettre sur tout ce qu’il voyait. Époustouflant ? Merveilleux ? Fantastique ?

Il était admirateur de tout ce qu’il voyait, certes. Mais il était frustré de ne pas comprendre tous ces phénomènes auxquels il assistait. Il ressentit de nouveau ce besoin de se défouler avec violence. Cependant, il parvint à refouler ces pulsions sanguinaires et guerrières qui le prenaient. Il voulait se comporter en touriste, et profiter des beautés de ce monde. Pas de pulvérisation spontanée sur ce monde.



Au bout de quelques instants, Buu vit une foule réunie en cercle, autour d’un unique personnage qui semblait monopoliser l’attention. Il parvint à se frayer un chemin parmi les individus qui le regardaient, d’abord courroucés, puis effrayés, en constatant les muscles saillants de son corps gélatineux. Il était évident que cet alien était quelqu’un de fort. Sans même parler d’énergie, un concept que peu de personnes appréhendaient sur ce monde, ils voyaient visuellement qu’il ne fallait pas provoquer cette créature.

Buu se fraya un passage jusqu’aux premiers rangs de la foule, bloquant la vue de quelques spectateurs qui cependant ne lui en tinrent pas rigueur. De toute manière, ce n’était pas la vue qui était sollicitée ici, mais l’ouïe. Au centre du cercle formé par les aliens, plusieurs individus se tenaient assis sur un mobilier de grande taille à cinq pieds. Muni de cinq bras, ce groupe d'extraterrestres à la peau verte et aux yeux vitreux – « sans doute un signe de cécité », pensa Buu – exécutaient une voluptueuse musique sur de curieux instruments à cordes, différents de ceux que l’on pouvait trouver sur Terre. Parmi les absorbés de Buu, Son Gohan et Bulma avaient eu l’occasion de s’initier à l’art musical.

Cependant, leurs souvenirs et leur sensibilité n’avaient qu’un très faible impact sur la perception de leur hôte, qui, perplexe, plissait les yeux à la vue de ces musiciens au centre de l’attention. De ce qu’il en comprenait, l’auditoire était comme envoûté, charmé par ce qui semblait être un morceau d’exception. Du moins, c’était sa déduction. Lui-même ne comprenait pas l’effet que pouvait avoir la musique, et l’art par extension, sur les espèces douées de raison. Il découvrait encore l’étendue des émotions qui naissaient en lui à la suite de ses absorptions et de son combat contre les Saiyans. La fierté, la colère, l’affection, l’excitation, la peur... Autant de sentiments qu’il n’avait connu que par vagues momentanées, et dont il ne saisissait pas encore l’ampleur...

Buu voulait comprendre. Il voulait savoir ce que signifiait le terme « ressentir ». Bien sûr, il avait connu l’extase et la terreur. L’extase de peindre des tableaux de corps décomposés et de planètes réduites en poussières, et la terreur d’être de nouveau enfermé, ou pulvérisés. Merci Vegetto. Le meurtre et le combat étaient les seules formes artistiques que Buu connaissait. Mais il voulait sortir de ce cadre, et s’immerger dans une nouvelle existence, indépendante de la magie de son créateur. Il avait évolué au sommet de la création, et il entendait bien profiter autant que possible de ce que la vie avait à offrir.

Buu remarqua un petit alien chauve à sa droite. Ce dernier avait les yeux fermés, et on pouvait voir une coulée de larmes sur sa joue. Vraisemblablement, cet être était touché par cette mélodie que Buu cherchait à analyser et à comprendre. Usant d’une faculté psychique héritée du Kaiôshin qu’il avait avalé des mois plus tôt, Buu parvint à lire le coeur de l’alien. Il y constata de la joie et de l’excitation, mais aussi de la mélancolie. Cet alien était victime d’une profonde introspection sur la paix et sur les joies qu’il avait connues dans sa vie, réflexion encouragée par les notes produites par le musicien et son instrument.

Buu ferma les yeux à son tour, souhaitant à son tour tenter l’expérience. Cependant, une minute plus tard, il eut beau se laisser aller à l’écoute de cette aubade, il ne ressentit rien. Seulement de la frustration. Tout ce qu’il sentait venir dans son coeur, c’était sa colère des derniers mois, son manque de combat et d’adversité.



C’est alors qu’une idée des plus brillantes vint à l’esprit de Buu. S’il ne pouvait trouver un combattant de valeur dans l’espace, alors il défierait les maîtres de tous les domaines sur leur propre terrain. Il était le seigneur incontesté des guerriers. C’était désormais une évidence, personne ne pourrait jamais le battre dans un combat singulier. La vérité était déprimante, mais il n’avait pas perdu espoir pour autant. Buu voulait prouver qu’il était l’être au sommet de l’évolution. Il voulait le faire comprendre à l’univers et son peuple, qui le connaissait depuis cinq millions d’années sous l’image de la destruction. Il n’était plus la création de Bibidi le sorcier. Il n'était pas non plus question pour lui d'être un anonyme. Il voulait qu'on le reconnaisse, qu'on l'admire, qu'on le craigne… il était… Buu, la créature suprême !

Le concert s’acheva rapidement sur une ovation du public, excepté Buu qui gardait les yeux fixés sur le groupe, un air de défi et d’excitation sur le visage. Oui, il voulait devenir le meilleur. Il voulait cette reconnaissance de la part des êtres vivants.

Alors que la foule se dispersait progressivement, Buu reprit sa route, avec un objectif bien précis cette fois. Tout en se déplaçant, il employa sa vitesse démesurée pour attraper une sorte de glace qu’un enfant alien qui le croisait tenait entre ses membres. Il n’avait même pas noté qu’elle avait disparu de ses mains. Hilare, le Djinn se mit à la dévorer goulûment, alors qu’il réfléchissait au meilleur moyen d’arriver à ses fins.

Jouer d’un instrument ne semblait pas bien compliqué. C’était un art répandu sur Terre, et il semblait tout aussi développé dans les contrées galactiques. Il était impatient de se lancer dans ce nouveau domaine qui lui était inconnu. Cependant, par quoi commencer ? Il disposait de connaissances plus que limitées. Ses maigres affinités tenaient de ce qu’il pouvait tirer des souvenirs de ses “invités”. Et encore. Piano, guitare, violon… Des instruments dont il parvenait à saisir la conception et l’usage, mais quant à en retirer une quintessence dans une création ultime et insurpassable… Buu voyait bien que le chemin était long à faire. Mais que c’était exaltant, d’avoir un défi à relever !

Parvenant sans s’en rendre compte dans une ruelle sombre et quelque peu étroite dans son errance, le Djinn se fit aborder par deux aliens cagoulés, tenant chacun une lame effilée dans leurs… Mains ? Pattes ?

– Héhé…, fit l’un d’eux. Salut, étranger… Fais donc voir un peu tes objets de valeur, si tu ne veux pas finir en tranches !

Buu ricana sadiquement, avant de pointer sa crête subitement vers le brigand.

– Transforme-toi en guitare ! s’écria-t-il d’un ton supérieur.

Le rayon rose vint frapper le bandit qui s’étrangla dans un cri de panique, avant de se métamorphoser en une guitare de qualité. Alors que Buu la saisissait au vol, l’autre mécréant fut pris d’horreur et s’enfuit sans demander son reste. L’explorateur de l’espace n’avait cependant pas envie de laisser passer un tel amusement. Déployant de nouveau sa crête, il frappa le couard au loin pour en faire cette fois-ci un beignet, qu’il vint rapidement déguster. Ni témoins, ni douce fin pour les auteurs de ce larcin, qui était leur ultime coup. Leur mort était le tremplin d’une nouvelle vie pour Buu, qui s’envola sur le toit d’un bâtiment voisin, pour commencer son aubade.

Deux semaines plus tard…

Buu avait passé tout son temps à s’entraîner sur ce monde qui devenait de plus en plus passionnant à découvrir. Régulièrement, il se mêlait à la populace et ne se gênait pas pour obtenir une place de choix dans les diverses animations qui se déroulaient dans cette ville. Très peu de personnes osaient lui refuser quelque chose, au vu de son apparence unique et musclée. Bien que Buu souhaitait surtout se comporter de manière pacifiste, il n’hésitait pas à menacer ou à envoyer quelqu’un valser d’une gifle pour montrer qu’il n’avait pas l’intention de payer quoi que ce soit. Mais il ne s’agissait que d’actes isolés, et il n’était pas perçu comme une menace. Tant mieux, car il ne voulait pas de nouveau plonger un monde dans la terreur. Pour l’instant.



C’est ainsi que, durant quinze jours selon le calendrier terrien, Buu découvrit de nouvelles facettes de la vie et de ce qu’elle avait à offrir. Des types différents de gastronomie, une technologie avancée bien au-delà de ce qu’il avait pu connaître sur Terre, avec leur électricité préhistorique, des avancées scientifiques au-delà de la compréhension humaine. Alors que Buu se fichait encore éperdument de résoudre les mystères de la science, il sentait un frisson traverser son corps à chaque fois qu’une énigme technologique s’imposait à lui. Il le sentait, cela venait à nouveau de Son Gohan et Bulma. Étrangement, ces deux-là apparaissaient toujours par éclairs dans son esprit. Leur influence et leurs souvenirs prenaient toujours davantage de place. Et il ne savait dire s’il appréciait ou s’il détestait ça. Leurs mémoires lui étaient bien utiles dans son apprentissage de la guitare en autodidacte, mais il n’avait pas l’intention d’en perdre son identité.



Durant son séjour sur ce monde, Buu avait également fait connaissance avec quelques aliens, créant une certaine proximité avec eux au fur et à mesure qu’il les fréquentait. Très vite, Buu apprit à connaître diverses espèces disséminées dans la galaxie, leurs cultures. Il manifesta un vif intérêt pour les civilisations qui présentaient une forte puissance militaire, et des guerriers qui paraissaient avoir de la valeur. Il notait ces éléments dans un coin de sa tête. Il irait rendre visite à ces mondes un peu plus tard. Voir s’ils pouvaient lui donner un challenge un tant soit peu excitant.

Mais pour l’heure, Buu avait progressé dans sa quête pour devenir un musicien de talent. Il se trouvait dans un bar avec trois aliens avec qui il s’entendait bien : l’un d’eux était une sorte de poulpe humanoïde à quatre tentacules à la place des bras. Le deuxième était une espèce de draconide, un énorme lézard vêtu d’une armure en katchin. Buu s’était amusé à frapper dessus et à imprimer ses poings dedans en usant d’une partie de sa force, ce qui impressionna le dragon qui lui donna son respect. Le troisième était un musicien itinérant, dont le crâne chauve était recouvert de pointes acérées. Sa peau rouge et ses marques noires sur le visage lui donnaient un air maléfique et sombre qui ne correspondaient pas du tout à son caractère. Il usait d’un instrument bizarre témoignant d’une grande technicité, un genre de bâtons qui allumait deux lasers d’un bout à l’autre, et qui émettait des sons intéressants quand il le faisait tournoyer dans les airs.

Interruption momentanée.

Votre cher Buu adoré reprend l’édictographe quelques instants, amis lecteurs. Ce n’est pas drôle de faire un chapitre pareil à la troisième personne. Je déteste cette mauvaise impression d’être un oeil extérieur. Quoique, c’est bien aussi de raconter mon histoire de la sorte, comme un vrai récit. Mais je vous ai prévenus, j’interviendrai régulièrement, pour partager des anecdotes amusantes !

… L’édictographe ? Juste un outil trouvé dans l’espace au cours de mon voyage. C’est bien plus efficace et ergonomique qu’une plume pour coucher des écrits sur papier ! Enfin, il s’avère qu’il y a aussi mieux que le papier… Et j’ai encore une meilleure méthode pour écrire… Mais ce sera une autre anecdote que je vous livrerai plus tard !



J’espère que vous aimez ce chapitre qui met en valeur mes débuts en tant qu’artiste. Vous avez su apprécier ma prestation symphonique durant le tournoi, mais sachez qu’à l’époque, après avoir quitté votre planète que je porte chèrement dans mon coeur, j’étais toujours loin d’être l’être parfait que vous connaissez aujourd’hui. Son Gokû et ses proches étaient mes seules sources de… Ressources. Mais ils étaient quasiment tous des guerriers, et leurs vraies influences se trouvaient dans ma puissance, ma technique de combat, et mon comportement. Vous comprendrez donc très vite, sans que j’aie à développer davantage, ce qui va se produire dans quelques paragraphes. Au fait, pas d’inquiétudes. Ces aliens bizarres ne sont pas vraiment mes amis. La preuve, ils n’ont pas de nom ! Je crois que je les ai oubliés en fait…

Quant au gars au Katchin, il pensait que j’y avais été à fond pour tester son armure. Il allait vite comprendre qu’il se trompait, héhéhé.



Bref ! Préparez-vous à voir la genèse de mon avènement futur, ou comment un échec cuisant allait provoquer une conquête inlassable et une renommée qui dépasse les limites mêmes de l’univers connu !

Les quatre compères étaient assis dans un coin du bar, se désaltérant avec une boisson dont la composition rendait Buu perplexe. Le tenant de l’établissement lui avait expliqué quels étaient ses ingrédients, mais il n’avait rien compris. Il y avait vraiment beaucoup trop de choses à assimiler pour l’instant. Et puis, cette boisson était délicieuse.

Le musicien cornu à la peau rouge vida sa chope d’un trait et s’adressa à Buu d’un ton curieux :

– Au fait, Buu, où en sont tes progrès dans la maîtrise de cet étrange instrument que tu possèdes ?

– Ah oui, la fameuse “guitare” ! s’esclaffa le dragon en crachant des flammèches sans s’en rendre compte. Comment une si petite chose peut-elle produire des sons pareils ? C’est assez ingénieux, mais trop compliqué pour moi, haha !

– Mmh, réfléchit Buu dans un sourire vicieux. Je ne vais pas me vanter, mais je pense devenir aussi bon musicien que je suis puissant. Vous voulez peut-être un aperçu ?

– Envoie donc, répondit le poulpe en croisant ses tentacules sur la table.

Buu s’empara de la guitare qui était posée à côté de lui. Ses compagnons se demandaient toujours pourquoi on pouvait distinguer comme des yeux terrifiées sur le manche de l’instrument. Certainement des ornements culturels.

Le Djinn se mit à jouer un morceau de sa composition. Usant des capacités musicales de Bulma et des leçons qu’elle avait apprises dans sa jeunesse, Buu était parvenu à produire une suite de notes entraînantes qui avaient rencontrées un franc succès quelques jours plus tôt, sur un stand dont il s’était subtilement emparé sur la grande place, en transformant son propriétaire en tabouret sur lequel s’asseoir.

Dans le bar, les autres se turent, tendant l’oreille ou autres orifices auditifs pour apprécier le morceau de l’étranger. Cet outil musical était vraiment fascinant pour de nombreux aliens. Mais l’un d’eux n’était pas de cet avis.



Alors que Buu achevait son morceau sous de chaleureux applaudissements, l’alien en question s’approcha de leur table et cracha dessus, en regardant Buu d’un air hautain.

– Tu appelles ça de la musique ? Avec ton engin venu des tréfonds de l’espace, on dirait un immonde glaviot qui vient d’exploser. Une horreur à écouter, tu devrais retourner dans ta cambrousse galactique !

Les compagnons de Buu se levèrent d’un bond, fixant l’insolent d’un air courroucé. Le musicien cornu lui dit d’un ton amer :

– Tiens donc, tu es là ? Tu en as assez d’humilier les pauvres amateurs dans les concours, tu viens chercher dans les bars, maintenant ?

– Hé, il faut bien s’amuser ! rétorqua l’autre dans un rictus. En tout cas, quand on assiste à une prestation aussi médiocre, on préfère payer très cher pour aller écouter de la vraie musique, plutôt que d’avoir droit gratuitement à une cacophonie aussi désastreuse.

– Hmph, grogna Buu, poussé par un élan de vanité dû à Vegeta. Tu crois mieux valoir que moi ? Je te défie sur un affrontement de musique, sur la place publique. On verra ce que disent les aliens qui nous jugeront. Prépare-toi à subir une douloureuse défaite.

– Ooh, que j’ai peur du grand bonhomme rose ! le provoqua l’artiste orgueilleux. Bien, ramène-toi ! Mais tu ne viendras pas demander ton reste, ah ah ah !

Alors qu’il sortait, entouré des habitués du bar qui étaient impatients d’assister à ce combat, le musicien cornu fit à Buu d’un air contrarié :

– Je te préviens, Buu, je connais bien ce type. Il a détruit des carrières et des avenirs prometteurs de jeunes gens qui se lançaient sur la voie de la musique. C’est un sadique qui prend plaisir à humilier les autres et à montrer sa supériorité. Je l’ai défié une fois, et j’en garde un souvenir amer. Tu es sûr de vouloir le défier ?

– Et pourquoi pas ? ricana Buu en préparant sa guitare. C’est même l’occasion rêvée de montrer que je suis au sommet. Je vais réduire son sourire prétentieux à néant. Cet avorton ne va pas comprendre ce qu’il lui arrive.

– Il n’empêche que tu es vraiment patient, grogna le dragon, frustré. J’avais envie de choper sa petite tête et de la broyer dans la paume de ma patte.

– Je n’ai pas envie d’un combat physique pour le moment, rétorqua Buu en sortant à son tour. Je vais humilier tous ces génies sur leurs domaines, et je deviendrai le meilleur…

Peu de temps après, Buu et le musicien arrogant se retrouvèrent face à face, au centre d’une foule en cercle qui demeurait silencieuse, attendant impatiemment le début du duel. Buu se sentait à l’aise, au centre d’une telle attention. Il appréciait d’avoir ainsi les yeux tournés vers lui. Ce n’était pas encore ce qu’il souhaitait, mais c’était un début. Bientôt, l’univers tout entier l’admirerait pour son génie !

L’alien condescendant lui fit d’un ton dédaigneux :

– Bien, vas-y, montre-nous donc ce que tu vaux !

Buu ne se fit pas prier. Puisant dans les capacités de ses hôtes et dans son entraînement, il joua une mélodie tantôt douce, tantôt entraînante qui charma l’assistance. Son instrument, qui était inconnu de nombreuses personnes, posa beaucoup d’interrogations au début, qui furent rapidement balayées par l’enthousiasme et l’appréciation des sons provoqués par les cordes de l’outil mélodieux. Peu à peu, la performance de Buu saisit l’entourage, mais les personnes aux oreilles musicales grinçèrent des dents en repérant de fausses notes se glisser dans la prestation. Buu savait bien jouer, mais les mélomanes ne pouvaient pas qualifier son art de parfait. Ni même d’excellent. Son compagnon à la peau rouge fronça les sourcils, inquiet en prenant conscience que Buu ne serait sans doute pas à la hauteur du morceau que jouerait son adversaire.



Quand Buu acheva de jouer, la foule l’applaudit chaleureusement. Les plus enthousiastes l’acclamèrent, lui donnant un sentiment de confort et de bien-être. Mais sa perception extraordinaire du combat ne s’appliquait pas dans un contexte de ce genre, et il ne se rendait pas compte qu’en réalité, ces félicitations n’étaient que d’une faible ampleur. Mais l’alien d’en face, lui, s’en était bien rendu compte.

– C’est bien ce que je disais, lui cria-t-il d’un ton méprisant. A mon tour. Admire mon art du Figrindan rythmique. Il avait du succès, au temps du seigneur Freeza !

Usant d’une espèce de saxophone couleur d’or dans lequel luisaient des rayons multicolores, le musicien entama une symphonie frénétique. Des sortes d’auras colorées sortirent de la voie d’air principale de l’instrument, tandis que les… Doigts ? Du musicien s’affairaient sur les différents boutons de l’appareil. L’assistance se mit soudainement à danser progressivement, emballée par cette nouvelle performance qui s’emparait de leur sens du rythme et qui s’introduisait dans leur coeur.

Buu tourna la tête tout autour de lui, stupéfait par le phénomène. Tout le monde se mettait à rire et à danser avec dynamisme sur l’air de musique. Lui-même ressentait comme des pulsions dans les muscles de ses épaules. Etait-ce cela, le rythme ? Buu commençait à suivre les pulsations en tapant du pied sur le sol, et il se rendit compte que son morceau avait été de loin inférieur. Il se sentit rapidement colérique, puis enragé par cet état de fait. Ce pathétique avorton le ridiculisait et captait l’attention de la foule, tandis que lui, l’être au sommet de la création, se morfondait. Il se sentait… Menacé.



Le musicien termina sa symphonie solitaire sur une note finale qui fit vibrer le coeur de la foule. Tous lui firent une ovation unanime, tandis qu’il s’inclinait légèrement pour remercier tout le monde, ne cachant pas son large sourire de vantardise. Les yeux fermés, il se tourna vers Buu en disant, moqueur :

– Alors, le tas de muscles, ça t’apprendra à utiliser ta cervelle et à défier des gens de ton niveau. C’est toujours pareil avec ces imbéciles qui croient avoir du tal…

Il fut interrompu par des cris de frayeur autour de lui. Il se sentit alors agrippé et tiré vers quelque chose. Il ouvrit de grands yeux affolés pour découvrir une corde rose sortant du ventre de Buu, qui l’attirait vers lui, un regard de fou furieux sur le visage. Il poussa un dernier cri d’effroi avant de disparaître au sein de l’organisme du Djinn. Ce dernier cria dans un hurlement d’extase :

– Et alors ? Qu’est-ce que tu comptes faire, maintenant ? Tu es à moi, ton talent, tes années d’exercice, ta vie, tout m’appartient ! Ha ha ha !

Très vite, il sentit ses compétences et ses connaissances se développer dans le domaine de la musique. Au passage, il acquit également des données sur le peuple de son nouvel absorbé, et sur ses souvenirs. Buu se rendit compte de l’ampleur de la somme d’informations qu’il intégrait avec cette absorptions. Tout en lui progressait. Son corps ne changeait plus, confirmant ce qu’il pensait avec Bulma. Et il prit conscience.

Pourquoi s’entêter à s’exercer seul ?



Il était devenu parfait en assimilant ses adversaires.



Il évoluait au fur et à mesure qu’il intégrait les autres.



Il avait des génies du combat en lui. Une scientifique de renom. Des dieux pleins de pouvoirs magiques et divins. Et maintenant, un expert de la musique qui venait de développer exponentiellement ses capacités musicales.



Pourquoi se prendre la tête ?



Il s’était senti menacé, et son mécanisme d’absorption venait à nouveau d’agir.

Mais il ne voulait plus le faire sous la menace.



Non…



Il l’utiliserait… Pour devenir toujours meilleur, jusqu’à être le véritable être vivant au sommet de l’Univers !

Alors que la foule paniquait devant ce phénomène soudain, Buu tourna ses yeux plein de malice vers ses “amis”. Son compagnon musicien trembla en voyant le regard de convoitise de Buu.

– Eh… Eh, Buu, qu’est-ce que tu….

Il ne put dire un mot de plus, happé par une nouvelle ficelle rose de Buu qui le tira à lui pour l’absorber ensuite.

Oui…

Il le sentait….

Sa musique s’améliorait encore !

La maîtrise d’un nouvel instrument ! Une encyclopédie qui se constituait peu à peu !

Il voyait désormais son esprit comme une immense bibliothèque vide qu’il fallait remplir. Remplir et apprendre par coeur. Pour ensuite la surpasser et écraser les connaissances de l’univers pour les mener toujours plus haut !

Il avait enfin trouvé un objectif. Il était le sommet des combattants. Il serait le sommet de l’Univers, et ses habitants deviendraient les instruments de sa perfection !

Confus, le dragon se jeta sur Buu et le saisit par l’épaule, s’écriant :

– Buu ! Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu agis comme ça ?

Le poing de Buu se lança à pleine puissance, transperçant sans effort la plaque de Katchin pour percer le coeur du dragon, qu’il souleva dans les airs aisément. Le draconide cracha une gerbe de sang qui atterrit sur le visage de Buu. Ce dernier lécha les gouttes au bord de ses lèvres, avant de dire d’un ton mielleux :

– Toi, tu n’as rien d’intéressant… C’était marrant de frapper dans ton armure, mais je ne voulais pas te briser trop tôt. On a passé des moments sympas, mais maintenant, je ne m’ennuie plus. L’univers et ses talents seront à moi !

Frémissant sous l’exaltation, Buu jeta sans ménagement le corps de son ex-compagnon et pulvérisa le dernier qui tentait de s’enfuir, sans aucun scrupule. Buu demeurait un être de pure violence, même si les sentiments des Saiyans et des Terriens tempéraient ses ardeurs.

Maintenant qu’il avait trouvé sa nouvelle raison de vivre sur ce monde, Buu exulta et se tourna vers les aliens qui fuyaient, affolés par la créature maléfique qui se dévoilait à eux.



Buu regarda les structures technologiques et le ciel étoilé de ce monde, et sourit.



Il deviendrait le meilleur.

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