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DBM Universe 4: Buu

Écriture par Arctika

Relecture par Salagir

Prochaine page dans : 19 jours, 3h


Partie 1 :0
Partie 2 :1234
[Chapter Cover]
Partie 2, Chapitre 3.

Chapitre 3

Majin Buu se jeta sur les dieux en riant sadiquement, dans un état extatique. Les dieux se mirent en position de combat. Le Grand Kaiôshin recula à distance et croisa les bras, ne souhaitant pas s’impliquer.

Ceux du Sud, de l’Est et de l’Ouest s’élancèrent sur Majin Buu, percutant le Djinn dans une bruyante onde de choc. Cependant, bien qu’à trois contre un, seul le Kaiôshin du Sud parvint à tenir tête au monstre. Les deux autres furent repoussés par l’impulsion de la confrontation, roulant plusieurs fois sur eux-mêmes, fracassant le sol. La déesse de l’Ouest était trop affaiblie pour espérer résister au choc. Et même au meilleur de sa forme, elle aurait été éjectée telle une brindille sous la tempête.

Le dieu du Sud, loin de se laisser intimider, saisit Majin Buu par les épaules et porta un violent coup de boule au Djinn qui lâcha un jet de salive en tombant en arrière. Mais, loin d’être assommé, il répliqua en se servant de sa crête tel un fouet pour gifler rudement son adversaire qui perdit son équilibre. Tendant le bras, Majin Buu lança un fort Kikoha qui frappa le colosse de plein fouet, l’envoyant valser de l’autre côté du Kaioshin-kaï.

Le Kaiôshin de l’Est tenta de se jeter sur lui, mais Majin Buu le reçut d’un percutant coup de pied dans l’abdomen, qui coupa le souffle de la divinité. En l’espace d’une seconde, le Djinn donna des dizaines de coups ultra-rapides dans le corps fragile du dieu avant de l’éjecter d’un coup de tête dans un rocher proche, qui se fracassa.

Alors qu’il se jetait à sa poursuite, Nord et Ouest s’interposèrent et tentèrent à nouveau une combinaison en équipe. Le dieu du Nord jeta son épée sur Majin Buu qui changea son corps de sorte à laisser un trou béant à la place de son torse, l’épée passant au travers. La Kaiôshin de l’Ouest prit alors le contrôle de l’arme pour la faire revenir soudainement en arrière. Pris de court, Majin Buu fut décapité, sa tête tombant au sol. Celle-ci affichait un air surpris, tandis que son corps tentait de toucher sa tête manquante au-dessus du corps.

– C’est le moment ! Allons-y ! s’écria la Kaiôshin de l’Ouest.

Les deux dieux se lancèrent vers le monstre, canalisant toute leur puissance afin de pulvériser le corps de Majin Buu. C’est alors que la tête au sol du Djinn afficha un grand rictus avant d’ouvrir grandement la bouche, envoyant un puissant rayon d’énergie qui transperça le torse de la Kaiôshin de l’Ouest. Elle bascula en arrière, un filet de sang volant dans les airs. Le Kaiôshin du Nord eut à peine le temps de tourner son regard, horrifié par la perte de sa camarade, que le corps de Majin Buu se trouvait au-dessus de lui, les mains jointes en-dessous de lui. Sans attendre, le corps rose envoya une vague déferlante à bout portant qui pulvérisa le Dieu du Nord, n’en laissant aucune trace.

Alors qu’il parvenait à sortir des gravats, le jeune Kaiôshin de l’Est vit Majin Buu se reformer, la tête sur les épaules, avant qu’il tende la main sur la déesse de l’Ouest et la désintègre à son tour.

– Non ! hurla le jeune dieu, désespéré.

Bibidi s’avança près de son esclave, au comble de la joie. Un peu plus loin, le Grand Kaiôshin était immobile et silencieux. Son visage trahissait une grande colère mais également de l’appréhension. Le chef des Dieux ne s’était jamais impliqué dans les combats. Il avait toujours placé sa confiance en ses compagnons.

Ce n’est pas qu’il était incapable de lutter, mais il n’était ni dans sa nature, ni dans son rôle de se battre. Durant ces centaines de millénaires, les Kaiôshins n’avaient affronté aucune menace sérieuse, et ne s’étaient pas préoccupés outre-mesure des dangers du monde d’en bas. Lui-même s’occupait surtout de prendre des décisions, mais jamais il ne s’était investi personnellement dans quelque projet ou combat que ce soit. Il ne faisait que gérer. Telle était la place du chef des Dieux.

Et maintenant, ses compagnons périssaient un par un, et il se maudissait intérieurement. Le plus grand danger de l’univers parcourait librement le domaine sacré des dieux, et s’apprêtait à en finir. Il devait rapidement trouver le moyen de neutraliser Majin Buu.

– Alors, Kaiôshin ? l’apostropha Bibidi d’un ton railleur. Qu’allez-vous donc faire ? Mon esclave est de loin plus fort que vous. Vous m’avez assez ennuyé ! Majin Buu, achève ce freluquet là-bas !

Le Djinn regarda dans la direction du Kaiôshin de l’Est qui trembla. Cependant, Majin Buu préféra se retourner dans l’autre sens, et s’envola. Bibidi cria, choqué :

– Eh, qu’est-ce que tu fais, crétin ? Va le tuer, obéis, bon sang !

Non.

Il ne voulait pas.

Il avait gardé le meilleur pour la fin.

C’était l’heure du dessert.

Un dessert de force brute.

En l’espace d’un éclair, le Kaiôshin du Sud apparut, fonçant sur Majin Buu qui s’était préparé à le recevoir. Le dieu avait été éjecté très loin par l’attaque du monstre, et avait senti les énergies de ses compagnons s’éteindre. Il était enragé, et il allait faire souffrir Majin Buu pour ses crimes. Le coude en avant, il chargea dans le corps du Djinn qui fut emporté par l’élan de son ennemi. Alors qu’il volait dans les airs telle une feuille de papier pliée en deux par une solide branche, il cria d’un ton faussement douloureux :

– Buu !

Le Kaiôshin du Sud s’écrasa avec lui sur un imposant rocher qui s’effondra sous le choc, le bruit résonnant dans le vaste monde divin.

Bibidi affichait de grands yeux apeurés. Pendant près de trente secondes, rien n’arriva. Le Grand Kaiôshin en profita pour aider le jeune Kaiôshin de l’Est à sortir de sa prison rocheuse. Ils regardèrent vers le monticule de gravats, inquiets. Soudain, les deux combattants en sortirent, explosant les morceaux épars. Le son de leurs poings qui s’entrechoquaient retentissait dans tout le monde divin. Le combat était d’une violence inouïe. À la vitesse de l’éclair, le Kaiôshin du Sud et Majin Buu se livraient à une joute frénétique. Le corps du gamin rose était déformé d’une façon burlesque, mais cela ne l’empêchait pas de rendre coup pour coup. De son côté, le dieu colossal commençait à saigner au visage, et ses vêtements se déchiraient. Toutefois, au bout de trois minutes de combat intense, aucun d’eux n’avait perdu en force ni en vigueur.

Jeté en arrière par un direct de la jambe, Majin Buu allongea son corps telle une paravoile pour se réceptionner, les marques de l’affrontement se dissipant sur ses muscles. Il saisit son épaule droite de la main gauche et fit tourner son bras en faisant craquer les muscles de son cou, tandis qu’il avançait de façon détendue en ricanant gaiement.

Quant au Kaiôshin, bien qu’il ne paraissait pas fatigué, ce dernier n’était plus si certain de ce qu’il fallait faire. Il était sans nul doute l’être le plus fort de l’Univers. Et pourtant, ce gamin n’était pas affecté par ses attaques, et répliquait avec une force équivalente. Et il n’avait pas perdu d’énergie du tout ! Il grinça des dents, réfléchissant à une stratégie.

C’est alors que la voix de Bibidi les atteint :

– Arrête de t’amuser, Majin Buu ! Passe aux choses sérieuses, tue-le maintenant !

– Q… Quoi ? s’exclama le Kaiôshin, stupéfait.

Choses sérieuses ? Ce n’était qu’un échauffement ?

Avant même d’avoir pris conscience de ce qu’il se passait, le dieu encaissa un surprenant coup de pied de son adversaire. Il ne l’avait pas vu venir. Le corps du Kaiôshin s’envola dans les airs, mais il parvint à se ressaisir. Plus loin, Majin Buu lui faisait un geste grossier, sa jambe plantée dans le sol. Ce monstre était un véritable génie du combat, et ses attaques imprévisibles et grotesques se révélaient extrêmement efficaces… Et dangereuses.

– Vile créature ! pesta le Kaiôshin du Sud en fonçant sur lui. Je vais t’anéantir !

Formant un Kikoha dans la main droite, il vit son ennemi replanter sa jambe en terre d’un mouvement vif. De son bras gauche, il frappa Majin Buu qui para l’attaque, tout en bloquant le pied du Djinn qui émergeait du sol. Cependant, le monstre avait lui aussi formé un Kikoha dans la paume de sa main libre. Les deux adversaires tendirent le bras simultanément et attaquèrent. Une boule de ki volumineuse se créa alors entre eux, les séparant de plusieurs mètres, leurs jambes plantées fermement dans le sol qu’ils venaient de creuser. Ils joignirent chacun leur deuxième bras pour déployer davantage d’énergie. C’était maintenant une question de domination.

Aucun d’eux ne cédait d’un pouce. Leurs énergies entraient perpétuellement en continu, accumulant de plus en plus de pression. Mais la différence se faisait ressentir. Le Kaiôshin transpirait et tremblait, tandis que Majin Buu était en pleine extase.

Voilà ce qu’il avait tant recherché !

Une vraie confrontation !

Le plaisir de se battre ! La joie d’une vraie résistance !

La puissance employée par les deux guerriers était telle que le monde entier des Kaiôshins était violemment secoué. Bibidi s’était isolé dans son bouclier, paniqué, tandis que le Grand Kaiôshin et celui de l’Est luttaient pour rester en équilibre. Des éclairs parcoururent le ciel désormais assombri de la terre sacrée.

Majin Buu s’amusait beaucoup, mais il commençait à se lasser. Le géant d’en face ne voulait pas se laisser faire. Il appréciait ça, mais il voulait le voir souffrir, et périr sous ses attaques. Il était temps que cet insecte comprenne sa place. Déployant sa pleine puissance, la vague déferlante de Majin Buu avala peu à peu celle de son adversaire et alla le frapper de plein fouet. Le Kaiôshin, effaré, eut à peine le temps de convertir son énergie en bouclier défensif et de croiser les bras devant lui.

La vague de Ki partit dans les cieux et alla se perdre dans l’espace. Le Grand Kaiôshin protégea le jeune dieu derrière lui alors que Bibidi s’envolait dans le sillage de l’attaque, en poussant de petits cris effrayés.

Lentement, le paysage se dévoila suite à l’attaque, montrant le Kaiôshin du Sud, un genou à terre, ses habits calcinés, le corps couvert de ruisseaux de sang. Il cracha une giclée de liquide rouge, l’oeil gauche à moitié fermé.

– Keuf…, toussa-t-il. Je ne pensais pas qu’il pourrait être aussi fort. Mais bon… Moi aussi, je peux faire ça…

Majin Buu avançait de nouveau, l’air enjoué. Bibidi s’était fait propulser ailleurs, mais ce n’était pas son problème. Maintenant, il allait torturer ce jouet, et en faire son goûter. De son point de vue, c’était terminé, et plus rien ne pourrait jamais plus s’opposer à lui.

C’est alors que le Kaiôshin du Sud fit émerger son aura au maximum. Majin Buu haussa une paupière, perplexe. Cet homme pouvait-il encore lui donner du fil à retordre ?

Le dieu joignit les mains devant lui, les doigts repliés de sorte à ce qu’ils soient presque collés aux autres. Une intense boule de Ki entourée d’éclairs se forma soudainement entre eux. Majin Buu fut instantanément parcouru de frissons.

Qu’est-ce… Qu’est-ce que c’était ?

Ce sentiment ?

Cette attaque… Il le sentait, elle était…

Dangereuse !

– Héhé…, fit le Kaiôshin en se concentrant malgré le sang qui coulait dans ses yeux. Cette fois, c’est tout ou rien. Je vais t’envoyer tout ce qui me reste !

– Ne fais pas ça ! s’exclama le Grand Kaiôshin au loin. Dans ton état, tu pourrais y laisser la vie !

– N.. Non ! ajouta le Kaiôshin de l’Est, toujours faible. On a déjà perdu trop des nôtres !

– Je n’ai pas le choix, répondit le dieu du Sud en souriant. Si je ne l’arrête pas, l’univers est condamné. Je compte sur vous pour veiller sur lui. Entraîne-toi, Kaiôshin de l’Est. Protégez-le !

Sur ces mots, il poussa un cri féroce en envoyant son ultime attaque. La vague d’énergie se dirigea droit sur Majin Buu, qui était comme paralysé.

Ce n’était pas possible !

Non, il ne pouvait pas être plus fort !

Si c’était le cas… S’il était vraiment dépassé…

IL LUI PRENDRAIT TOUT !

Quelque chose se déclencha en Majin Buu, sous l’effet de cette nouvelle émotion qu’était la peur. La formule qui l’avait créée n’avait jamais pris en compte cette donnée inutile, car Bibidi n’avait pas besoin d’un soldat sensible à la panique. Mais quelque chose s’était libéré en Majin Buu. Quelque chose de commun à tous les êtres qui respiraient et qui avaient des pensées, même insensées.

L’instinct de survie.

Au moment où l’attaque entra en contact avec lui, il se dispersa en centaines de petites particules roses. Les Kaiôshins en furent frappés de stupéfaction. Alors que beaucoup des morceaux du Djinn étaient désintégrés par l’attaque, les restants s’envolèrent avec célérité droit sur le Kaiôshin qui, vidé de ses forces et de sa volonté, se trouvait incapable de penser, et encore moins de réagir. Les fragments de Majin Buu couvrirent son corps et le cachèrent à la vue de ses compagnons. Le Kaiôshin de l’Est fit, terrorisé :

– Qu’est-ce qu’il est… En train de faire ?

– Cela ne se peut…, murmura le Grand Kaiôshin, incapable de trouver ses mots.

Peu à peu, le corps du monstre reprit forme. Mais pas celle du gamin névrosé qu’il était une minute plus tôt. Il était devenu un véritable mastodonte de muscles superposés, de la même taille que le Kaiôshin qu’il venait de faire disparaître. Son visage affichait toujours une expression un peu ahurie, mais il semblait moins… Sauvage. Sa crête avait également grandi, et pas qu’un peu.

Bibidi réapparut, les vêtements froissés. Quand il vit Majin Buu, il fut saisi d’étonnement et d’émerveillement.

– Majin Buu ? C’est toi ? Incroyable ! Tu as l’air tellement fort ! Qu’est-ce que tu as fait ?

– Maître… Bibidi ? fit le colosse en regardant son maître puis ses mains.

– Tu… Tu parles ? répondit Bibidi, choqué.

Plus loin, le Grand Kaiôshin réfléchissait à toute allure. Ce Majin Buu était décidément une créature époustouflante. Le réflexe de survie qu’il avait senti en lui l’avait poussé à absorber son adversaire. Et apparemment, le résultat était incroyable. Le Djinn avait hérité des caractéristiques du Kaiôshin. Sa force avait augmenté, son physique s’était adapté en conséquence, et il semblait avoir gagné en intellect, étant désormais capable de parler.

Le chef des dieux voyait en lui un potentiel d’évolution illimité. Dans son stade actuel, Majin Buu était clairement invincible. Le seul moyen de le stopper, c’était de le faire régresser. D’en faire un être bon.

Et il n’y avait qu’une seule façon de le faire.

Alors que Bibidi sautait de joie devant l’évolution de son serviteur, ce dernier était plutôt partagé. Il posa ses yeux ténébreux sur le sorcier qui s’arrêta, intrigué.

– Je veux… Me battre. Je n’ai pas l’intention… de t’obéir.

– Que dis-tu ? s’indigna Bibidi, outré par les propos de Majin Buu. Je t’ai créé, maintenant que tu comprends un peu ce que je dis, tu vas faire ce que je t’ordonne ! Si tu t’opposes à moi, je te scellerai dans le globe qui t’a vu naître ! C’est ça que tu veux ?

Majin Buu se souvint du noir sombre dans lequel il était plongé la première fois qu’il s’éveilla, et de son incapacité à faire quoi que ce soit, et cela le plongea dans une profonde terreur. Cependant, ses instincts meurtriers étaient omniprésents dans son esprit. Il venait d’acquérir une puissance incommensurable, et tout ce qu’il voulait, c’était se défouler.

Un choc vint alors le perturber dans son dos, le faisant légèrement chanceler. Irrité, il se retourna, et vit ce gros Kaiôshin joufflu, la main tendue vers lui. Derrière, un insecte se tenait difficilement assis, en piteux état.

– Si tu veux te battre, créature, je suis ton adversaire ! Approche ! s’exclama le joufflu.

– Que faites-vous, Grand Kaiôshin ? s’effraya le Kaiôshin de l’Est.

“Écoute-moi”

Le jeune Kaiôshin cessa de s’agiter, interpellé par la télépathie de son chef. Alors que Bibidi criait à Majin Buu de foncer droit sur eux, le Grand Kaiôshin dit :

“Je vais tenter quelque chose. Je ne sais pas si ça marchera, mais si c’est le cas, Majin Buu ne sera plus aussi menaçant, et il sera possible de le battre. Je te confie la suite. Quoi qu’il se passe, j’ai confiance en toi.”

“Qu’est-ce que vous racontez ? Vous n’envisagez pas de vous sacrifier ?”

Le Grand Kaiôshin afficha un ultime sourire radieux à son compagnon avant de se retourner, faisant face à son destin, imperturbable malgré les supplications du jeune Kaiôshin. Alors que Majin Buu fonçait telle une bête furieuse vers lui, il ouvrit la bouche et créa une grille de Ki qui vint percuter Majin Buu, le tranchant en milliers de morceaux sans aucun effort.

De nouveau, l’instinct de survie prit le dessus dans l’esprit du monstre.

La mort venait à nouveau de le frôler de près.

Ce n’était pas une grande puissance, mais s’il ne faisait pas attention, il pourrait périr très facilement.

Tant pis. Lui aussi, c’était une menace. Il fallait qu’il le prenne. Et qu’il devienne plus fort encore.

Il entoura le gros joufflu de son corps gélatineux, ne lui laissant aucune porte de sortie. Le Kaiôshin de l’Est cria :

– Non !!

“Adieu.”

Ce dernier mot prononcé par son chef brisa la volonté du Kaiôshin de l’Est, tandis qu’il sentait sa connexion mentale avec lui s’estomper brutalement. Cela s’était produit une seconde avant que Majin Buu ne l’absorbe. Donc le Grand Kaiôshin avait fait quelque chose avant. Et le Kaiôshin le savait, et cela le déchirait : le Grand Kaiôshin avait détruit son propre cerveau.

Dévasté, il parvint à se cacher sous des gravats tandis que Majin Buu opérait une nouvelle transformation. Bibidi avait totalement oublié qu’un dernier survivant subsistait toujours. Il était complètement obnubilé par ce qu’il se produisait devant ses yeux effarés.

Progressivement, Majin Buu prit une nouvelle apparence. Vêtu de gants blancs et d’une grande cape mauve, son embonpoint avait décuplé de volume, similaire à un énorme ballon. Son visage joufflu trahissait une joie juvénile non dissimulée. Sa crête avait repris une dimension correcte, mais ce n’était plus le psychopathe assoiffé de sang une heure auparavant.

– Buuu ! s’écria le nouvel être joyeusement en sautant dans les airs.

Alors qu’il s’amusait en prenant des poses, Bibidi était sidéré. Où était son monstre dévastateur avide de carnage ?

– C’est… C’est toi Majin Buu ? Je te reconnais à peine !

Majin Buu sauta à tatillon, sa main seule touchant le sol, puis atterrit sur le derrière en faisant trembler la terre proche. Bibidi fut secoué de toutes parts.

– C’est bientôt l’heure de manger ! J’ai faim ! s’exclama Majin Buu en dévisageant Bibidi de son air naïf et jovial.

– Hein ? s’étonna le sorcier, de plus en plus déconcerté. Eh bien… Je dois bien avoir quelques gâteaux qui traînent chez moi, mais…

– Gâteaux ? C’est bon ? fit Majin Buu, enthousiaste.

– Euh… Oui ! lui répondit Bibidi, jouant soudainement le jeu. Je suis certain que tu vas adorer ! Ce sont des mets délicieux !

– Miam ! applaudit le Djinn en se léchant les lèvres.

– Je te donnerai cinq gâteaux par repas, mon cher Majin Buu. En échange, tu devras faire absolument tout ce que je te dis. Compris ?

– Oui ! répondit-il en s’inclinant, un sourire baveux aux lèvres.

Le Djinn innocent se mit à courir partout, l’esprit joueur. Il ne vit pas le sourire malsain sur le visage du sorcier. Ce dernier avait vu juste : l’énergie maléfique qui avait créé son esclave était toujours bien présente en lui. Sa force ne semblait pas avoir diminué de beaucoup, il restait extrêmement redoutable. Au lieu d’avoir un gamin n’en faisant qu’à sa tête la plupart du temps, il avait maintenant un enfant sans cervelle, plus innocent, mais surtout plus facilement contrôlable. Il ne pensait pas qu’un dieu aussi important que le Grand Kaiôshin produirait un tel effet de bêtise. Finalement, ces divinités n’étaient réellement que des idiots. Littéralement.

Invoquant un cercle de téléportation, Bibidi disparut avec son esclave, en direction d’un monde quelconque. Oubliant complètement le Kaiôshin de l’Est, caché derrière son rocher. En larmes. Se lamentant de son impuissance et de son désespoir.

Quatre ans plus tard.

Bibidi venait de faire une halte sur une petite planète majoritairement couverte d’eau, dissimulant son vaisseau à la vue des primates qui habitaient ce monde.

Durant ces derniers mois, il n’avait fait que conquérir et soumettre des mondes les uns après les autres, à l’aide de son serviteur. Majin Buu était d’une efficacité redoutable, du moment qu’il était nourri. L’ascension de Bibidi était telle qu’il produisit plusieurs clones de lui-même afin de gérer divers mondes qui s’étaient soumis à lui. Ses clones étaient beaucoup moins puissants que lui, et ne disposaient pas de toutes ses connaissances. Mais c’était une bonne chose : aucun d’eux n’aurait l’idée de le renverser.

Depuis la chute des Kaiôshins, le sorcier s’en donnait à coeur joie. Cependant, il commençait à fatiguer un peu. En effet, Majin Buu demeurait de plus en plus irritant et exigeant. Peu à peu, il n’en faisait lui aussi qu’à sa tête, de la même manière que celui qu’il était autrefois. Il transformait des populations entières en sucreries, réduisait des capitales en miettes alors qu’elles détenaient de grands potentiels technologiques, et refusait même parfois d’obéir aux ordres de Bibidi, sous prétexte qu’il voulait s’amuser, voire même qu’il ne voulait tout simplement pas.

C’est pourquoi Bibidi était venu sur cette planète, habitée par une espèce faible et non évoluée, dans ce système perdu de la galaxie du Nord. Pour ce repos qu’il s’apprêtait à prendre, l’exposant ainsi au danger, il ne serait pas trouvé par d’éventuels ennemis.

Il expliqua longuement à Majin Buu qu’il était en possession d’un sort capable de le sceller dans la sphère qui avait servi à sa création. Le Djinn ne comprit pas immédiatement. Il ne se doutait pas que ce qui allait suivre provoquerait un véritable traumatisme en lui. Le monstre qu’il était dans le passé n’aurait sans doute pas été choqué outre-mesure de son emprisonnement forcé, mais Majin Buu était devenu un enfant joueur et curieux, sensible et émotionnel. Et il allait faire l’expérience d’une horrible situation : la solitude, le silence. Les ténèbres.

Quand Bibidi invoqua son sortilège, Majin Buu se retrouva immédiatement scellé. Pendant quelques instants, il regarda autour de lui, mais ne voyait rien d’autre que l’obscurité. Peu à peu, les questions laissèrent place au doute, puis à la peur. Il ne pouvait pas se déplacer, comme paralysé. N’entendant plus rien, il paniqua et hurla. Il appelait Bibidi, son maître qui s’occupait bien de lui, pour qu’il le sauve et le sorte de là. Pendant des heures, puis des jours, il resta là à crier et à se lamenter. Finalement, épuisé, il s’endormit, non sans conserver une certaine rancoeur pour celui qui l’avait abandonné…

Après que Bibidi eut scellé Majin Buu, le sorcier s’assit un instant sur un rocher voisin, contemplant la boule magique d’un air las.

– Désolé, Majin Buu, mais j’ai besoin de souffler un peu. Je vais rester un peu sur ce monde pour me reposer, je te relâcherai d’ici quelques semaines. Jusque-là, tu vas dorm-

Sa phrase n’atteint pas sa fin. Une main l’avait subitement saisi par la gorge et soulevé dans les airs. Baissant péniblement les yeux, il reconnut l’un de ces exécrables Kaiôshins. Impossible ! Il restait un survivant ?

Derrière le Kaiôshin se trouvait un géant au corps rouge et aux longs cheveux blancs, portant la même tenue divine. Il regardait d’un air méfiant la prison de Majin Buu.

– Mes informations étaient fiables, maître Kaiôshin. Le magicien a bel et bien enfermé le monstre, comme on l’avait entendu dire.

– Parfait, gronda le Kaiôshin de l’Est en dévisageant Bibidi d’un air furieux. Tu n’aurais jamais dû sceller ton esclave, sorcier. Je me suis débarrassé de tous tes clones. Il ne reste plus que toi. C’est terminé !

– N… Non..., fit Bibidi alors que l’air refusait d’entrer dans ses poumons.

Il ne parvenait pas à parler, et encore moins à réciter la formule de libération de Majin Buu. Était-ce réellement la fin de son règne ?

Non… Il le percevait, sa dynastie n’était pas encore éteinte… Son dernier clone, son fils… Nouveau-né dans son repaire…

Il esquissa un dernier sourire provocateur à l’encontre de son bourreau qui, pris d’une intense fureur, décapita Bibidi et pulvérisa son corps tranché sans sommation.

Le Kaiôshin reprit son calme après quelques instants, savourant l’accomplissement de sa vengeance. Bien que la rancune ne soit pas dans la nature des dieux, elle lui paraissait douce sur le moment. Il se tourna vers Kibito, son serviteur. Ce dernier était né peu après la mort des siens, comme un signe de l’univers qui venait prêter main-forte au dernier des Kaiôshins. Devenant son apprenti, Kibito était en mesure de se téléporter dans tous les mondes d’en bas, et pouvait soigner les blessés. Son rôle était de servir le Kaiôshin de l’Est, et de veiller lui aussi sur l’univers.

Les deux dieux contemplèrent la sphère de Majin Buu, de laquelle émanait toujours une énorme puissance négative.

– Que fait-on de lui ? demanda Kibito. Devons-nous essayer de le détruire ?

– Surtout pas, dit le Kaiôshin après une courte réflexion. Il n’est pas dit que nous y arriverons. Nous risquons même de le libérer, et on mourra. Non, nous devons faire en sorte qu’il reste dans sa boule, à jamais. Laissons-le sur ce monde. Ces humains qui vivent dessus ne savent même pas marcher sur deux pattes. Aucun risque qu’ils le trouvent.

– Nous devons le cacher là où ils ne pourront jamais l’atteindre, dans ce cas.

– Exactement.

C’est ainsi que Kibito et le Kaiôshin de l’Est cachèrent le cocon de Majin Buu à l’intérieur d’une haute montagne, là où les hommes ne le trouveraient jamais, peu agiles qu’ils étaient. Bibidi était le seul qui sache ouvrir le cocon, donc il n’y avait aucun risque à laisser Majin Buu enfermé ici. Du moins, c’est ce que les dieux croyaient.

Cinq millions d’années plus tard, le Kaiôshin de l’Est comprendrait l’ampleur de son erreur, ignorant du fait que Bibidi avait un fils, et que ce dernier ne laisserait jamais la mort de son père impunie, et qu’il trouverait le cocon, le cacherait dans son vaisseau dissimulé pour l’ouvrir à nouveau, et relâcher la créature la plus forte de la création sur le monde...

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