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DBM Universe 4: Buu

Écriture par Arctika

Relecture par Salagir

Prochaine page dans : 7 jours, 13h


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[Chapter Cover]
Partie 3, Chapitre 9.

Chapitre 9

Un démon sanguinaire


Des ruines. Des cendres. Des corps en morceaux.

Des fleuves de sang.

Des monticules par centaines.

De la poussière d’étoiles.

Des planètes rayées de la carte.



‘Je suis ton maître, Majin Buu, tu dois m’obéir !’

‘Bien, l’Univers sera à moi, grâce à toi, mon esclave, ha ha ha ha !’



Le plaisir du meurtre. De la brutalité.

Les os qui se craquellent. Le cœur qui s’arrête de battre.

L’étincelle de vie qui s’évanouit au fond des yeux.

Et une délicieuse satisfaction devant ce spectacle.

Mais aussi, un désir d'indépendance, de liberté. De libre-arbitre.

Guidé uniquement par un instinct meurtrier et destructeur.

Le meurtre comme plaisir. Comme jeu. Une soif de sang infinie.

Même après avoir absorbé un dieu. Même après avoir évolué.



Des insultes. Puis un chien. Puis un homme à terre. Atteint par un criminel.

Le déclenchement d'une fureur sans limites.

La peur d'être enfermé dans un désert blanc pour l'éternité.

La colère d'être surpassé.

Le fils du héros. Finalement absorbé.

Et, alors que la victoire était assurée...



'Je suis la fusion de Vegeta et Kakarotto... Vegetto, en quelque sorte...'

'Bah alors, t'es devenu muet ? Je ne m'amuse pas du tout, là.'

'Ou alors tu es déjà à fond ? Dans ce cas, je m'excuse d'avoir été insultant.'

'Je vais te pulvériser comme cette crête, sans le moindre effort'.



L'impuissance.

La frustration.

LA SOIF DE SANG.





Buu ouvrit soudainement les yeux. Il regarda tout autour de lui, confus et perdu dans ses souvenirs. Il était complètement déboussolé, encore marqué par l’introspection à laquelle il venait d’opérer. Il secoua sa tête quelques instants, reprenant ses esprits.



Cela faisait maintenant une heure que Buu se tenait assis, jambes croisées, mains jointes au niveau de son ventre, les yeux fermés, sur un morceau de roche flottant paisiblement dans l’espace. Il se préparait à commettre un véritable règne de la terreur sur un monde tranquille, peuplé d’innocents. Il revivait donc les expériences les plus déplaisantes de sa vie, celles qui le rendaient enragé, hargneux. Qui le frustraient, et le mettaient dans une humeur massacrante. Il en profitait pour méditer sur des sujets qui lui tenaient de plus en plus à coeur : sa personnalité, son existence, ses sentiments.



Il avait quitté la planète ensablée il y a trois jours de cela. Il avait commencé sa virée chaotique par des essais préliminaires. Sans atterrir une seule fois, il avait détruit à distance des mondes qu’il sentait habités. Il n’avait eu aucun scrupule à leur envoyer des salves d’énergie. Aucun regret. Aucun frein. Ses absorbés ne semblaient pas avoir été une gêne.

Mais maintenant, il allait passer aux choses sérieuses. Le retour de celui qu’il était avant.



Pas le gamin, incontrôlable et complètement insensé.



Pas la grosse baudruche, écoeurante d’innocence et de bêtises.

Non…



Celui qui avait pris d’assaut le palais céleste de la Terre. Qui s’était mesuré à Gotenks puis Son Gohan. Qui n’avait aucune patience, et qui avait annihilé toutes les vies humaines juste pour terroriser Piccolo, et le pousser un peu à lui donner ce qu’il désirait.



Buu craignait néanmoins que les nouvelles manifestations de ses absorptions provoquent en lui des restrictions. Il avait peur de ne plus être le même, libre et sans entraves. Il doutait de qui il était au fond.

Un démon ? Un héros ?

Une pauvre créature solitaire et insaisissable ?



Quand il était sur Terre, obnubilé par des adversaires puissants, déchaîné et sans contraintes, il ne se posait pas ce genre d’interrogations. Il voulait juste se battre. Combattre, et gagner.

Désormais, il avait évolué. Il avait gagné en connaissances, en facultés. Et en compréhension de l’univers et de ce qui l’entourait. Mais qu’en était-il de lui-même ? Il ne comprenait pas son propre corps, les interactions avec ses victimes, l’évolution de son métabolisme. Il était tellement obsédé par les conséquences de son mécanisme d’absorption qu’il avait exploré son propre corps de l’intérieur pendant un moment, désireux de connaître la moindre parcelle de lui-même. Ses absorbés s’étaient accumulés dans la nouvelle pièce qui leur était réservée, mais elle s’adaptait d’elle-même à tout changement, à tout nouveau venu.



Buu héritait de tout. Leurs pouvoirs. Leurs souvenirs. Leur manière d’agir, de penser. Leurs croyances, leurs morales, leurs valeurs. Et, même si c’était subtil, tout cela impactait sa propre façon d’être.



Buu aimait tuer depuis toujours. Même en devenant le puissant guerrier qui avait affronté Gotenks, c’était sa joie ultime. Il adorait se montrer violent et sans pitié. C’était dans sa nature profonde. La brutalité était délectable. Mais il n’avait pas pu anéantir le monde qu’il venait de sauver. Comme la Terre. Même s’il avait gagné en patience, et savait désormais profiter des choses merveilleuses de la vie, il ne voulait pas changer fondamentalement. Il désirait rester lui-même.



Il était donc temps de procéder à une nouvelle expérience, pour mettre les choses au clair. Et pour cela, il s’était remémoré deux choses : les événements les moins réjouissants de sa vie, ainsi que les sources qui le rendaient ivre de plaisir et de contentement autrefois.



Obéir aux sorciers. Leurs insultes, leurs ambitions.

Voir Satan agoniser devant ses yeux. La rage qu’il avait ressentie.

La frustration d’être dominé par Son Gohan, et encore plus par Vegetto.

Vegetto… Il en venait presque à le regretter, celui-là.



Mais aussi, l’euphorie de réduire des mondes en poussières. De prendre des vies. De transformer des innocents en bonbons. De les croquer puis les digérer. De se délecter de leur peur et de leur souffrance. De les voir trembler rien qu’à l’évocation de son nom.

Ce n’était pas seulement un passe-temps, un loisir.

C’était une nécessité. Une envie irrépressible.

Et elle n’était pas partie, loin de là.

Tout ce temps durant lequel il s’était montré aimable, il avait réprimé son désir de violence et de brutalité. Il voulait l’assouvir, se déchaîner.



Mais le problème était que cela le ramenait à sa condition d’origine : un esclave sans cervelle. Et il était désormais au-dessus de ça.

Que devait-il faire ? Quelle voie devait-il suivre à présent ?

Il était en train de se perdre.

Il devait décider qui il était. Et qui il serait.

Le lendemain…



Buu venait de repérer un nouveau monde à quelques parsecs de là. Sa perception des puissances et des signes de vie ne cessait de s’étendre au fur et à mesure que le temps passait, et qu’il apprenait à appréhender l’espace autour de lui. Le Kaiôshin qu’il avait absorbé aidait également beaucoup. La divinité protectrice de l’Univers, fusionnée à son apprenti, était d’une aide précieuse pour repérer des signes de vie.

Il aurait pu se servir de la mémoire de cet atout majeur pour visiter instantanément tous les mondes existants qu’elle contenait en elle, mais cela ne serait pas du tout amusant. Buu préférait utiliser ses sens et son énergie, ainsi que se balader de façon hasardeuse. Il avait l’éternité devant lui. Il pouvait prendre son temps.

Il ne lui fallut qu’un court moment pour rejoindre la planète qui venait de l’intéresser. Il fut saisi d’emblée par l’apparence de ce monde depuis l’espace. Ce n’était pas un astre jumeau de la Terre, mais le bleu azuré qui caractérisait l’atmosphère était frappante, et troublante. Buu revit l’image des Terriens sur leur petit monde bleu, et il commença à douter.

Arriverait-il à déchaîner sa cruauté et son sadisme naturel ?



Trois semaines.



Au bout de ces trois semaines, Buu se fixait comme objectif d’avoir éradiqué la population après les avoir fait lentement souffrir. Mais, au-delà de ça, il voulait à tout prix combattre l’influence grandissante du bien qui s’insinuait en lui. Il n’était pas arrivé jusque-là pour que Son Gokû et ses proches fassent de lui le plus grand samaritain de l’Univers. Il avait apprécié venir en aide au peuple des sables, mais son objectif final avait failli disparaître de son esprit, rongé par le remords et le sentiment de sérénité. La charité était une notion très dangereuse. Et Buu voulait rester un pur égoïste, comme quand il avait absorbé tous ces musiciens et scientifiques.

Pour l’aider, il avait les souvenirs de Piccolo et de Son Gokû, concernant la précédente incarnation du Namek : Piccolo Daimao, le prétendu roi démon qui avait plongé le monde dans la terreur et le chaos. C’était un bon modèle à imiter. Freeza aussi, c’était un exemple pertinent. Vegeta n’était également pas trop mal comme inspiration de pur égoïsme. Mais aussi, et surtout, lui-même, au-dessus de toute limite et de toute morale.

Il serra les poings, ses iris d’un rouge sanglant luisant d’un éclat de fureur.

Son retour était imminent.

Le retour de la plus grande des menaces.



Buu fonça sans attendre vers la surface, de nouveau vers le centre névralgique de la planète, là où il sentait la présence du plus grand nombre de forces vitales.

Comme sur de nombreux autres mondes qu’il avait visités, il y avait les signes d’une civilisation avancée. À quel point, il ne pouvait pas encore le dire. Mais l’endroit qu’il pouvait contempler depuis le ciel semblait être une capitale fortifiée, assez rustique et ancienne, car il pouvait voir un château s’élever au coeur de la ville. C’était sans aucun doute la plus grande ville de ce monde, car il y ressentait le plus grand nombre d’habitants. Mais il s’en trouvait beaucoup d’autres partout, à la surface. C’était un astre densément peuplé.



Plus de gens à soumettre, à terrifier, et à transformer en délicieux chocolats.



Buu avait déjà opéré à des génocides durant les mois précédents.

Mais le remords le rongeait à cette pensée.

Il lui fallait dépasser ces regrets.



Buu atterrit au coeur de la ville, sur ce qui semblait être une grande place, au centre de laquelle se dressait un obélisque de taille conséquente. Des inscriptions inconnues étaient gravées dessus.

“Encore une langue à apprendre”, soupira Buu intérieurement.

Le Djinn commença à errer sur la place, ne sachant par où commencer son oeuvre de destruction.

Lorsqu'il était sous forme de gosse, Bibidi n’avait pas annoncé son arrivée la plupart du temps, et l'avait lancé directement sur les villes sans prévenir. Il n'avait pas perdu un instant, et avait employé le Djinn pour ravager les mondes les uns après les autres.

Son fils Babidi, quant à lui, s’était présenté par voie télépathique, et avait fait une démonstration des talents de Majin Buu, afin de faire sortir Piccolo et les gosses Saiyans de leur cachette, et terrifier les Terriens.

Maintenant qu’il était seul et aux commandes, Buu avait tenté diverses entrées spectaculaires depuis qu’il avait quitté la Terre. Mais c’était pour impressionner les esprits et marquer son arrivée sur une planète. Lors des génocides qu’il avait perpétrés, il ne s’était pas encombré de futilité, et avait fait sauter la planète ou des continents d’un geste rapide.

Là, il allait devoir prendre son temps, comme avant.

Comme sur Terre.



Devait-il s’annoncer auprès de la population entière ? Comme Cell ? Et contraindre les habitants à une résistance irrémédiablement vaine et sans espoir ?

S’attaquer au dirigeant du pays ? Comme Piccolo Daimao ? Et plonger ensuite le monde dans une terreur constante sous son règne diabolique ?

Ou commencer tranquillement, à moindre échelle, et agir comme un individu irresponsable, frivole et détaché ? C’était bien son genre. Même s’il haïssait sa forme de gros ballon qu’il devait au Grand Kaiôshin, il devait reconnaître qu’il s’était bien amusé, durant le laps de temps où il n’était plus sous le joug de Babidi.

Ainsi soit-il, il allait s’y mettre progressivement.



Buu s’engagea dans ce qui paraissait être une rue marchande, composée de boutiques aux vitrines opulentes. Il pouvait voir des écrans de télévision à l’intérieur de certains établissements. Enfin, ce n’était pas à proprement parler des appareils comme chez les Terriens, mais leur fonction était similaire : des images transmises en direct. Qui représentaient un alien en particulier, vêtu de façon somptueuse. Sans doute le dirigeant, qui se trouvait dans ce château plus loin. Mais Buu s’en fichait, pour le moment. En fait, il se fichait un peu de tout. De ce chef. De ce monde. Il n’avait même pas l’envie de s’intéresser à cette sorte de technologie alien. Enfin, un peu au fond, mais ce n’était pas sa priorité immédiate. Il était trop préoccupé par le début de massacre qu’il planifiait.



...

Quoi ?



Il s’en fichait ?



Buu écarquilla les yeux en pleine rue, faisant tourner des regards sur lui.

C’était vrai. Il n’éprouvait aucune curiosité, juste une envie de se distraire, de jouer !

Il eut un rictus malsain, une lueur de perversité dans les yeux.

Ses absorbés ne semblaient pas avoir d’effet sur lui à ce moment précis.

Il redevenait lui-même à l’idée de torturer ces faiblards.



Buu regarda tout autour de lui. Des passants qui ne faisaient pas attention, qui vivaient leur quotidien comme à l’accoutumée, ne se doutant pas de la présence de leur bourreau. Comme les Terriens qui avaient subi son apparition… Et un cycle de terreur intense.

Si Buu n’avait pas pu donner le coup de grâce aux deux mondes qu’il avait épargnés, c’est parce qu’il s’y était attaché. Surtout à cause de la nostalgie de ses captifs, mais aussi parce que son état d’esprit avait gagné en affection. Mais cet aspect le freinait, lui posait problème. Et la faute était due à ces Saiyans. Buu voulait s’en convaincre, et le vérifier.

Il allait donner un coup de semonce à Son Gokû et ses amis, en assassinant sans pitié ces innocents qui n’avaient rien demandé.



D’abord, manger.

Buu rentra dans une boutique qui semblait servir de la nourriture autochtone. L’alien derrière le comptoir lui dit dans un grand sourire :

– Salutations, étranger ! Quelque chose t’intéresse ?

Buu tourna ses yeux ténébreux vers lui, ce qui fit trembler le commerçant. Ce dernier sentait l’atmosphère devenir glaciale suite à l’apparition de cet inconnu au corps rose.

Le Djinn brisa subitement la vitrine du comptoir et avala goulûment toute la nourriture, sous les yeux épouvantés du vendeur. Il se lécha les babines, et dit d’un ton consterné :

– Mmh… J’ai déjà connu bien mieux. Les Terriens avaient vraiment les meilleures saveurs.

– Au… Au voleur !! s’écria le commerçant en tentant de s’enfuir à l’extérieur.

Buu l’arrêta d’un coup bien placé à sa nuque, qui se brisa net dans un craquement sonore. Le corps de l’alien vint s’aplatir contre un mur et tomba brutalement au sol, et Buu le regarda avec perplexité.



Le voilà. Le malaise. Le regret.

Il se sentait mal d’avoir tué ce pauvre bougre qui gagnait tranquillement sa vie. Qui avait sans doute une famille à nourrir. Pourtant, cet alien était insignifiant, indigne d’être considéré, ni même d’exister aux yeux d’un être tel que Buu. Il valait bien mieux que ça. Le tyran Freeza aurait ricané avant de tourner les yeux tranquillement dans une autre direction. C’était cela que Buu voulait récupérer. De l’indifférence. Comment faire pour redevenir le démon sanguinaire, désinvolte et insouciant qu’il était il y a encore quelques mois ?



‘Majin Buu, tu l’as laissé filer ! Tu lambines trop, espèce de grosse limace !’

‘Une bonne idée, toi ? Mais tu es un demeuré !’

‘Je ne peux pas tolérer une puissance supérieure à la mienne !’

‘Tu as dix secondes pour abandonner et quitter cette planète.’

‘Ma.. Ma… Majin Buu ! Fuyez !’



Ces quelques bribes de paroles d’antan revinrent à sa mémoire. Au-delà de la résipiscence, Buu ressentit une profonde fureur parcourir son être, envahir la moindre parcelle de son corps.

Toujours des ordres. Toujours des insultes. Toujours de la vantardise.

Tous l’avaient pris de haut. Ou tous l’évitaient. Il avait toujours été seul. Incompris.

Sa puissance. Sa force. Son désir de combattre. Sa domination. Son appétit. Et surtout, son plaisir du meurtre.

C’est cela qui donnait un sens à son existence depuis le tout début.



‘Pi… Pitié ! Je ferai tout ce que vous voul - Argh !’

‘J’ai tué tous les Terriens. Maintenant, je veux me battre.’

Des milliers, des millions de cris de souffrance et d’agonie, quand il avait fait flancher Piccolo. Un plaisir ultime pour ses oreilles et pour son désir de suprématie.

Il se revit à une époque très lointaine, sous les ordres de Bibidi. En train de s’acharner sur un pauvre guerrier qui avait tenté de défendre son peuple. Il se rappelait la sensation du corps fragile qui s’éparpillait sous ses coups. Du goût du sang qui giclait sur ses lèvres, et qu’il savourait. De la dernière étincelle de vie qui s’échappait du guerrier, vaincu par quelques faibles coups. Il n’avait eu cure de la faiblesse de son adversaire.

Il n’avait jamais prêté d’importance à ce genre de détails sans intérêt.



Au diable ces sentiments futiles qui ne faisaient que l’affaiblir.

Il avait souffert mille tourments pour en arriver jusque-là. Il avait été manipulé. Enfermé pendant cinq millions d’années dans le noir le plus absolu. Puis traqué, frappé, pulvérisé, perçu comme une menace absolue. Tout le monde le fuyait, le craignait. Une seule personne dans tout l’Univers lui avait offert une réelle et sincère amitié, mais le mal gravé dans le coeur des êtres humains avait exhorté sa propre nature maléfique à s’enflammer.



C’est vrai.



Il était naturellement tourné vers le côté obscur de l’existence. Il était l’incarnation pure du mal. Et il le serait à jamais. Considéré comme une menace à éradiquer, craint et combattu quoi qu’il arrive.

Il avait lutté pour sa survie, il avait été humilié par des êtres qui faisaient tout pour l’éliminer, mais envers et contre tout, il s’était hissé jusqu’au sommet.

Il était le plus fort, le plus puissant, l’être suprême. Il ne pouvait s’encombrer de la moindre once de compassion envers un faiblard pour qui sa misérable vie tournait autour d’une petite boucherie de quartier. Personne dans l’Univers ne pouvait s’opposer à lui.

Seul Vegetto avait été une menace sérieuse. Mais, en fin de compte, les Saiyans lui appartenaient. Et il n’allait pas laisser leurs émotions le manipuler de nouveau. C’est comme s’ils le combattaient de l’intérieur, et il n’allait pas les laisser faire.



Buu sortit de la boutique, et vit plus loin dans la rue une sorte d’artiste qui jonglait avec des objets en usant de pouvoirs vraisemblablement télékinésiques, admiré par une petite foule autour de lui.

Il se dirigea vers lui, et donna un grand coup de crête devant lui pour disperser la foule. Il ne prit pas la peine de contrôler sa force, et tua de sang-froid la populace présente sur les quelques mètres en face de lui. L’artiste avait à peine le temps de comprendre ce qu’il se passait qu’il fut absorbé rapidement par Buu, qui rit aux éclats tandis que des cris se faisaient entendre tout autour de lui, à la vue des corps sans vie.



Oui, il se retrouvait enfin !

Les lamentations au fond de lui étaient presque muettes, presque éteintes.

Trois semaines de pur bonheur s’annonçaient.



Le démon sans coeur et sans pitié allait se déchaîner une fois de plus.





Quelques jours plus tard.



Buu courait sur les murs d’une ruelle, ricanant tandis qu’il était poursuivi en contrebas par des soldats munis de longs bâtons électriques. Il avait eu envie d’une petite course-poursuite, et il s’amusait à perdre les pions militaires au coeur de la ville.

Depuis sa saute d’humeur le jour de son arrivée, il s’était fait remarquer par les forces de ce qui s’avérait être l’empereur de la planète entière. De quoi faire pâlir Vegeta et son père, qui s’étaient vantés de leur pathétique sang royal. Un empereur, c’était bien plus charismatique. Empereur Buu ? Non, ça ne sonnait pas bien.

C’était bien mieux d’être un démon qui semait le désordre et la peur parmi les êtres vivants.



Buu quitta soudainement son mur en sautant en arrière, son dos se contorsionnant de façon gracieuse tandis qu’il atterrissait sans délicatesse entre les soldats. Alors que ces derniers se retournaient vers lui, il leur perfora le coeur, se délectant de la vie quittant leurs yeux dans une dernière expression de pure terreur.

– Ha ha ha ha ! Vous ne m’arrêterez pas ! Je suis Buu, l’être le plus fort de l’Univers ! Et vos frêles existences ne valent rien comparées à la mienne ! s’exclama le Djinn en déployant son aura.

Buu s’élança rapidement dans les airs, quittant la rue étroite pour survoler le quartier de la capitale. Il forma quelques petites étincelles de Ki entre ses mains pour les laisser tomber un peu partout. Peu après, de nombreuses explosions se produisirent, provoquant de nouveaux hurlements et une cacophonie de pleurs et de lamentations.

Buu eut un sourire ravi en constatant qu’il parvenait à réprimer son malaise, présent malgré tout dans son esprit. Tout comme pour les Saiyans, la colère agissait comme un moteur qui faisait s’effacer tout le reste. Il exploitait les souvenirs de Son Gohan, quand sa fureur sans limites lui avait permis de surpasser Cell avec son nouveau Super Saiyan 2. Il avait été orgueilleux, sûr de lui, et sans coeur.



C’est cela que Buu voulait retrouver. De l’indifférence. De l’insensibilité. De la perversité.

C’était la faute des Terriens et des Saiyans. C’était le péché de ses absorbés.

Ils lui avaient mis des bâtons dans les roues avec leurs émotions superficielles.



Il n’avait pas pu détruire la Terre, ni le monde des sables à cause d’eux. Il avait aidé des gens malades, des personnes affamées, tourmentées. Ce n’était pas sa vraie nature. Ce n’était pas lui. Il se fichait éperdument de ces vies quelconques. Désormais, il percevait clairement l’influence de ses absorbés comme une menace, un problème à résoudre. Il ne se laisserait pas changer de l’intérieur.

Et pour leur donner une leçon, il allait tyranniser ce monde pour les jours à venir. Cette leçon d’histoire de Piccolo Daimao était vraiment une source d’inspiration.



“Ce Namek avait vraiment tout compris au sens de la vie”, songea Buu alors qu’il déversait une nouvelle salve de Ki explosive au sein de la ville.



Le Djinn atterrit au milieu d’une nouvelle rue, dont le sol était jonché de morceaux de murs épars et d’éclats de verre. Les bâtiments étaient partiellement détruits, et relâchaient de la fumée noire dans les airs. Des survivants se serraient dans les bras, pleurant et criant, d’autres rampaient ou marchaient difficilement.



L’un d’eux tressaillit et se retourna, les yeux écarquillés par la peur, en entendant une voix suave et glaciale derrière lui :

– Bien, bien… C’est ce regard que je voulais voir, dit Buu en esquissant un rictus vicieux, les bras croisés. Je te laisse dix secondes pour t’enfuir. Un… Deux…

L’alien poussa un cri de panique et tenta de courir dans l’autre sens, en vain. Il s’effondra par terre, du sang s’écoulant de sa jambe blessée. Buu ricana et écrasa sa victime d’un coup de pied dans le dos, lui broyant son squelette.



Il sentit un petit picotement dans sa tête, puis une légère peine affecter son coeur. Apparemment, il éprouvait toujours quelque chose à tuer un innocent de sang-froid. Pourtant, quand il s’agissait d’une vermine comme un ex-soldat de Freeza, il en retirait plutôt une grande satisfaction. Il s’était complu dans la bonté et la lutte contre la corruption. Alors qu’il en était l’incarnation même.

Cela le rendait mécontent. La colère grandissait davantage en lui.

Et c’est de cette colère dont il avait besoin.



Il regarda les autres survivants qui l’observaient, terrorisés, et se lécha les lèvres en avançant vers eux.

Il allait de nouveau faire connaître son nom comme étant celui du cauchemar.





STOP !

J’interromps le récit un court instant, car je sais ce que vous êtes en train de vous dire, à ce stade du récit. Comment ça, Buu vient de renier ce qui s’est passé dans le chapitre précédent ? Mais il aimait aider ces pauvres aliens, martyrisés par les anciens soldats de Freeza ! Pourquoi il change totalement d’avis d’un coup ?



Vous êtes témoins d’un de mes changements d’humeur caractériels. Vous vous souvenez, le coup de chaud que j’ai eu au deuxième tour, quand Vegetto a été éliminé ? J’avais mis ça sur le compte de mes personnalités multiples. C’est ni faux, ni vrai. C’était une excuse, et une excuse plus ou moins vraie.



À ce moment-là de l’histoire, je ne comprenais pas vraiment l’impact réel des absorbés sur mon esprit. Je me disais : “Mais mince, même endormis, ces idiots de Saiyans me freinent, ils font de moi un gentil ! Piccolo et Vegeta sont passés du bon côté de la barrière, ça va être mon tour !”, et en cinq millions d’années d’existence, je n’avais jamais connu le moindre remords, ou même de la culpabilité.



Si vous vous mettez à ma place à cet instant, vous comprendrez donc qu’au-delà d’un combat contre l’influence de mes hôtes, c’est une lutte pour conserver mon identité. Celle d’un Djinn maléfique qui n’en a rien à faire des autres. C’est un peu dommage, car en regardant rétrospectivement, il y aurait eu de fortes chances que je décide de pulvériser l’Univers et d’annihiler des mondes par centaines, sous le coup de la colère et de la tentation du mal. L’expérience du bien avait été bénéfique, mais avait mené à de mauvaises conclusions, comme vous avez pu le voir. Si ce pan de mon histoire vous paraît donc confus, répétitif, ne vous en formalisez pas. C’est même un reflet de mon état d’esprit, perdu et déboussolé par une soudaine réflexion profondément identitaire.



Mais, pas d’inquiétudes, chers amis ! Sans l’intervention d’une certaine personne, j’aurais sombré de la sorte, mais grâce à elle, l’univers n’a pas connu les foudres du Majin revenu à la vie. Car oui, je n’aurais pas été différent de ma forme originelle, j’aurais juste détruit les galaxies en prenant tout par la violence. Enfin, j’avance un peu trop dans l’histoire. Je vous invite à contempler ma déchéance dans la perversité et l’amour du mal, et un retour salvateur à un équilibre mental à peu près stable.



Attendez, je vais vous présenter ça sous forme de journal intime, ce récit, c’est comme des confidences que je vous livre… Après tout.





~Septième jour~

Après avoir répandu l’effroi dans la capitale de ce monde inintéressant, et m’être fait connaître sous mon nom habituel, celui de Buu, j’ai été poursuivi et attaqué par les troupes impériales. Je les ai toutes pulvérisées sans aucun souci. Ces êtres étaient faibles, et leur armement pitoyable. Comment peut-on se prétendre empereur avec une armée de si faible envergure ?

Enfin, il y a eu une réaction notable à un instant. J’ai croisé une gamine. Une femelle alien, complètement terrorisée quand je l’ai croisée. Je sais, j’en étais la cause. Mais malgré ma colère, elle est parvenue à me toucher. Émotionnellement, j’entends bien. Je ne veux pas me remettre en question, j’ai décidé d’y aller comme un monstre. Histoire d’apprendre à ces abrutis en moi qu’ils ne pourront jamais rien contre le génial Buu. Et que faire partie de ma perfection ne leur permet pas de faire ce qu’ils veulent de mon esprit. Je resterai toujours un destructeur.

Donc, comment dire… J’ai pris la gamine, et je l’ai expédiée droit dans l’espace. Ca m’a fait un pincement au coeur, et sans doute ce sort était un peu trop cruel, mais je suis cruel. Et la satisfaction de torturer mes absorbés a été plus grande que mon sentiment d’inconfort. C’est si drôle d’être monstrueux juste pour terroriser les gentils. J’aime mon rôle de méchant. Ma nature de méchant. Mon caractère de méchant. Et ma force de méchant.



~Neuvième jour~

J’ai pris d’assaut le palais impérial. J’y suis allé en douceur. J’ai avancé tranquillement, pas à pas, et les ennemis sont venus en masse pour m’arrêter.

Leurs bâtons électriques sont passés à travers mon corps comme s’ils traversaient de l’eau. Ils avaient aussi des armes à distances, un mélange entre l’arbalète et la carabine, qui tiraient des munitions énergétiques. J’ai absorbé un utilisateur de chaque arme. Je me suis dit qu’ils avaient des notions dans la fabrication et l’usage de leurs outils. Il me faut un scientifique pour compléter ces connaissances-là, ne pas oublier.



Je les ai décapités, un par un. Je suis monté d’un cran dans mon implacable cruauté. Plus le temps passe, et plus mon sadisme redevient naturel et brutal. J’aime ça. Employer la force pour dévaster des peuples et des mondes, c’est l’objectif gravé dans mon être. Ce retour aux sources est un bienfait dont je me régale. Ce n’est pas un aliment, mais c’est même meilleur. La destruction est un plat qui se mange quelle que soit la saison.

Arrivé devant l’empereur, ce dernier s’est montré navrant et décevant. Il avait une espèce de sceptre qui balançait des éclairs, qui m’a à peine picoté. Je l’ai brisé devant ses yeux désespérés. Un type derrière moi a fait apparaître des lames de je ne sais où, et a tenté de me découper. Mais je l’ai anticipé, et je me suis séparé de moi-même. J’adore faire ce genre de tours. Alors qu’il passait entre les deux parties de mon corps, je me suis tout de suite reformé, en l’absorbant au passage. J’ai pensé après-coup à son pouvoir utile, mais sur le moment, c’était juste drôle à faire. L’absorption est devenue une arme plus qu’un moyen d’évoluer.



Pour connaître la moindre parcelle de ce monde et savoir quoi faire pour m’occuper, j’ai aussi absorbé le souverain. J’ai ensuite pris les commandes directement, en annonçant par le biais de leur sorte de télévision un petit jeu de mon cru, inspiré par le roi Namek des démons : toutes les douze heures, je vais pulvériser un pays aléatoire. À la fin de la période que j’ai fixée, la surface sera donc rasée. À moins que quelqu’un m’apporte un plat délicieux. Je me suis senti comme un dieu capricieux qu’on achète avec de la nourriture. Mais j’ai déjà goûté l’art culinaire de ce monde, je doute que quiconque puisse me satisfaire avec leur qualité déplorable.



~Quinzième jour~

Une semaine s’est écoulée. Une bonne partie de la planète a été supprimée sous mes assauts furieux. Des villages, des villes entièrement vaporisées par de minuscules Kikohas sans puissance. J’adore être surpuissant. Voilà à quoi ils sont supposés servir, ces imbéciles de prisonniers scellés dans mes cocons. Me rendre le plus fort.

Il y a bien des idiots qui ont essayé de me résister pendant ma semaine de terreur. Leurs restes nourrissent les asticots. D’autres m’ont supplié de leur laisser la vie sauve. Transformés en grains de sables, que j’ai ensuite jetés dans un des courants de magma que mes attaques ont formés à peu près partout sur la planète.



Ce monde était prospère avant mon arrivée. Tout le monde semblait vivre heureux et convenablement. Enfin, peut-être y avait-il des batailles, des conflits. Mais ça me passe au-dessus de la tête. Désormais, j’ai transformé ce petit paradis en véritable enfer. En fin de compte, j’ai peut-être littéralement fait l’inverse de l’expérimentation précédente. Cette fois, j’ai dégradé la surface et les profondeurs de cette planète jusqu’à en faire un endroit terrifiant et invivable. Et je me sens plus à l’aise dans ce sens-là.



Je ne suis pas né pour sauver. Je ne suis pas apparu pour aider. J’ai été créé pour détruire, et prendre tout ce que je désire par la violence brute. Je suis fait pour dominer, et écraser les moucherons agaçants qui pleurent et mendient pour leur misérable existence sans importance.



En fin de compte, sans le côté esclave du Majin, cette nature d’être maléfique est encore celle que je connais le mieux. Je me plais bien dans le chaos et la destruction.





STOP !! De nouveau !

J’arrête ce style d’écrit ici. N’hésitez pas à me dire si vous appréciez cette façon de faire. Peut-être y reviendrai-je à l’avenir.

En fait, je fais ce que je veux, c’est vrai. Donc vous n’aurez pas le choix.





À l’aube du vingtième jour…



À nouveau, Buu errait dans les rues. Tout n’était plus que désolation et fumées. Il avait exterminé quasiment toute la population de ce monde. Le château n’était plus qu’une vaste ruine fumante qui s’effondrait de parts et d’autres. La terre était noircie des ténèbres répandues par Buu, ou, pour faire moins poétique, des cendres qui s’étaient accumulées sur le sol. Les continents se disloquaient progressivement, laissant paraître des torrents de magma d’un rouge ardent. Des volcans se formaient, et des tremblements de terre survenaient partout sur la planète. Quant aux océans, ils s’étaient évaporés. Le monde ressemblait encore davantage à l’enfer comme on pouvait se l’imaginer dans l’imaginaire terrien. Même le ciel arborait des couleurs de flamme et d’obscurité.



Ce monde dépérissait. Plus aucune vie ne pourrait subsister dessus. Et cela convenait à Buu. Le sort de cette planète lui importait peu. Il se tenait maintenant devant l’obélisque qu’il avait vu le premier jour. Dans sa folie destructive, il s’était servi de son mécanisme d’absorption à de nombreuses reprises, dans le seul but de faire disparaître les habitants d’une autre manière. Il avait tout essayé, jusqu’aux pires actes répréhensibles, capable de traumatiser toute once de morale. Et par ses absorptions, Buu était désormais en mesure de traduire le texte gravé dans la roche du pilier.

Et grande fut sa déception. Ce n’était qu’une ode à la gloire de l’empereur. Même pas une quelconque prophétie laissée par une race ancienne, ou la trace écrite d’une époque secrète révolue. Juste… Un chant. Cet état de fait agaçait le Djinn, lui qui aurait trouvé ces tournures poétiques d’un ton très intéressant deux mois plus tôt.



Mais à la fin de cette expérience, Buu en arrivait enfin aux conclusions. Et sa sensibilité artistique n’était plus qu’un lointain souvenir, un objectif relégué en arrière-plan.



Buu trancha d’un coup net l’obélisque en deux, qui s’effondra dans un bruit sourd. Les yeux du Djinn s’illuminèrent d’un éclat de haine, alors qu’il s’envolait vers la seule tour du château encore debout, pour contempler une dernière fois ce monde.



Il avait parfaitement en mémoire tout ce qu’il venait de vivre depuis qu’il avait quitté la Terre, presque un an passé, à quelques jours près. Il avait exploré de nombreux mondes, et fait d’importantes découvertes. Que ce soient des civilisations, des peuples, des technologies, des coutumes ou des arts, il s’était montré curieux envers tout. Il avait expérimenté la douceur, l’amitié, l’exercice artistique, l’intérêt scientifique, et la bienfaisance auprès de faibles mortels opprimés.

Dans une image parallèle, il revoyait son parcours depuis sa naissance. Ce n’était pas agréable du tout, mais il revivait son cheminement en tant que gamin, sa vie en tant qu’enfant obèse. Et sa lutte désespérée contre les Terriens pour survivre et se tenir au sommet des plus forts. Tout ce qu’il avait appris, les liens qu’il avait développés, l’évolution qu’il avait vécue. Jusqu’à devenir un être supérieur.

Et maintenant, quand il voyait cette surface cataclysmique et volcanique, ravagée par sa seule puissance et pour son simple plaisir, le doute s’estompait dans son esprit.



Il n’avait vécu que dans la haine et le combat. Il ne pouvait laisser le bien guider ses pensées et ses actes, car le mal était sa raison d’être. S’il devait se hisser jusqu’au sommet dans tous les domaines possibles et imaginables, cela devait se faire dans le sang et la violence.

L’expérience du monde des sables n’avait eu pour but que d’explorer cet aspect samaritain dans lequel ses premiers absorbés, les Saiyans, avaient évolué de leur côté. Comprendre pour quelles raisons ils se battaient, ce qui les motivait à lutter contre lui, et tenter de l’éradiquer à tout prix.

Pourquoi se dresser contre un adversaire beaucoup trop fort pour eux ? Pourquoi défendre jusqu’au bout une petite planète insignifiante, et un peuple rongé par le crime et l’égocentrisme ?



Des souvenirs qu’il pouvait tirer d’eux, les humains étaient une plaie qui ne se souciait guère d’autre chose que de leur argent et de leurs petits plaisirs égoïstes. Ils étaient des rats, dont il se demandait à présent pourquoi il les avait épargnés. L’amour que les Terriens en lui portaient à la petite planète bleue redevenait un mystère pour Buu, qui imagina un instant la Terre dans l’état du monde qu’il avait en face de lui. La perspective n’était pas si désagréable.



Le résultat de cette dernière expérience était incontestable.



Il préférait de loin être craint, instaurer la terreur et le désespoir chez tous ces êtres vivants qui ne valaient guère mieux que des vers de terre. C’est le mal présent chez eux qui l’avait créé, qui l’avait mené à celui qu’il fut et qu’il était maintenant. Il était le châtiment de cet univers méprisable et décadent. Et il allait savourer sa future annihilation.



Buu tendit le bras à l’horizontale, s’apprêtant à mettre un terme à l’existence de ce monde en ruines. Une immense boule d’énergie se forma à proximité de sa paume ouverte, étincelante d’un mauve électrique, contenant une puissance de destruction affolante.



À cet instant précis, sans que le Djinn ne s’en rende compte, son regard était exactement le même que celui qu’il avait à sa naissance.



Celui d’un tueur obsédé par l’anéantissement de la vie elle-même.



Alors qu’il initiait un geste de lancer en déplaçant légèrement son bras en arrière, prêt à envoyer la monstrueuse sphère de Ki en direction du sol, il ressentit soudainement une faible énergie dans l’atmosphère. Intrigué, Buu interrompit son attaque. Il contemplait les cieux, suivant la signature énergétique s’approcher de plus en plus.



Un visiteur ?

Qui donc pouvait vouloir atterrir sur un monde aussi mal en point ? Même depuis l’espace, tout être sensé passerait son chemin en voyant que ce monde était chaotique, voire toxique.



Peut-être… Était-ce enfin un ennemi venu le détruire ?



Buu se laissa doucement tomber sur la place ravagée, prêt à se battre. S’il s’agissait enfin d’un combat à sa mesure, alors cet astre agonisant serait un parfait terrain de jeu. Il ferait d’une pierre deux coups en détruisant cet ennemi avec la planète.

Rapidement, l’inconnu rentra dans son champ de vision, et Buu s’aperçut qu’il s’agissait d’un vaisseau spatial. Perplexe, il s’interrogea. Quel individu viendrait sciemment droit sur lui à bord d’un appareil, et avec une faible force ? C’était presque certain que ce n’était pas un fort combattant, à la grande déception de Buu.

Il pouvait détruire cet appareil en un clin d’oeil, mais il était troublé. Pas parce que la situation était curieuse, car il avait décidé de ne plus se formaliser de quoi que ce soit. Mais parce que cette énergie lui était familière…

Quelques instants plus tard, le vaisseau atterrit à une vingtaine de mètres de Buu. Le Djinn n’esquissa pas un geste, comme déconnecté. Il reconnaissait vaguement cette signature. Et il était comme foudroyé par une vague d’émotions, ces sentiments-là qu’il venait pourtant d’enterrer profondément sous plusieurs couches de cruauté et de perversité.



La porte du vaisseau s’ouvrit, laissant apparaître une humaine en combinaison high-tech. Un casque recouvrait son visage, mais Buu reconnaissait cette allure, cette silhouette. Et de nombreux souvenirs revenaient à lui, telle une avalanche soudaine.

Les souvenirs de Son Gohan.



Avec, en effet boule de neige, ceux de tous les Terriens.



En face de lui se trouvait Videl.

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